Mons-Centre Désormais sur le banc de l’opposition à Mons, les libéraux voient leur éviction comme une opportunité

C’était il y a un an. Le MR, emmené par Georges-Louis Bouchez, se voyait renvoyé, le 19 avril 2016, sur le banc de l’opposition après avoir passé quinze années auprès du PS d’Elio Di Rupo à Mons. Cette journée-là, le trublion du MR ne peut l’oublier. Le matin, il annonçait son retour aux affaires montoises après une escale sur les bancs du Parlement wallon. Suppléant de Galant à la Région, Bouchez reprenait le chemin de la cité du Doudou pour en fait y perdre son écharpe scabinale.

Cette matinée-là, il laissait déjà entrevoir ses envies de briguer la présidence de l’arrondissement MR alors qu’au PS, les élus s’activaient à l’Hôtel de Ville pour lui couper l’herbe sous le pied. Un an après, force est de constater qu’il a récupéré "la liberté de parole" qui lui était, selon lui, refusée dans la majorité. Au final, être évincé de la majorité semble avoir donné des ailes au MR.

"C’est une excellente opération pour le MR", rétorque Georges-Louis Bouchez. "Si on écoute le PS, lorsque nous étions en majorité, nous ne nous plaignions de rien. Et depuis un an, nous pointons les dysfonctionnements. Nous le faisions déjà avant mais avec plus de retenue, désormais c’est sans détour. Le PS ne supporte tout simplement pas la contradiction."

Et d’ajouter : "Nous avons aussi eu une prise de conscience de l’impact dans la gestion de la ville. Par exemple, le plan de gestion qui est reporté à 2024 ! Une série de dossiers sur lesquels nous débattions avec force, comme sur le commerce et l’aménagement du territoire, n’avancent pas. La ville de Mons aujourd’hui, ce ne sont que scandales et échecs, les difficultés augmentent. 2016 a été très difficile pour la ville. Ça n’a rien à voir avec nous, le PS en est le seul responsable."

Depuis, le remuant ex-échevin a pris du galon, tout en vivant quelques déconvenues. Son parti lui a offert un poste sur mesure de délégué général en charge de la prospective et de l’animation. Bref, un job d’agitateur. C’est ainsi qu’il émoustille (même s’il ne remporte pas forcément la bataille) avec notamment l’annulation du vote obligatoire en Belgique.

Sa conquête (face à Galant) de la présidence du MR de l’arrondissement de Mons-Borinage n’a pas non plus abouti. "Je partais de zéro et j’arrive à quasi 40 % avec un score considérable sur Mons. C’est honorable et juste." Depuis lors, il a sorti un bouquin où il présente dix débats pour changer l’Europe, la Belgique et la vie politique. "J’ai le sentiment d’être renforcé. Il y a un an, ils étaient très nombreux à parier sur le fait que j’étais politiquement mort. Je me trouve méchamment en bonne santé !" a-t-il conclu, promettant encore 18 mois tout aussi remuants.