Mons-Centre Les faits remontent au 8 juillet 2015. Les deux prévenus doivent répondre de tentative de meurtre.

La chambre à trois juges s’est à nouveau penchée ce lundi sur une affaire à s’arracher les cheveux. Deux prévenus, dos à dos, sont poursuivis pour tentative de meurtre réciproque. Le hic ? Même le ministère public a demandé au tribunal de requalifier les faits en menace par geste. Les deux protagonistes de ce dossier n’ont pas été très bavards.

Tout a commencé le 8 juillet 2015 dans le quartier de la gare de Mons, lieu sensible pour les forces de l’ordre. Angelo débarque au volant d’une Porsche Cayenne, manifestement louée. Kahraman sort de son épicerie, se moque d’Angelo et lui pique la Porsche pour faire le tour du ring de Mons. À son retour, des mots sont échangés, le ton monte et Angelo, adepte de la boxe anglaise, colle une droite à Kahraman.

Dans la soirée, tout ce petit monde s’est retrouvé à Cuesmes. Chacun pour protéger, disent-ils, leur famille de menaces et/ou représailles. Selon les caméras de surveillance, des coups de feu sont tirés, sept douilles sont d’ailleurs retrouvées le lendemain.

Angelo assure qu’il n’était pas armé, qu’il a pris l’arme dans la voiture de Kahraman et qu’il a réalisé "des tirs de couverture sans intention de viser" pour prendre la fuite. Le second affirme qu’Angelo l’attendait pour en découdre, qu’il n’a pas tiré et qu’il n’était pas armé. Lui voulait seulement "crever l’abcès". Les coups de feu tirés, il s’est caché derrière une voiture, celle-ci était criblée de balles.

Le ministère public reconnaît l’existence d’une fusillade entre les deux prévenus. Les vidéos en attestent, mais rien ne ressort quant au mobile, aux armes utilisées et à l’intention d’homicide dans leur chef. Les conseils des deux prévenus ont plongé dans la brèche et réclament acquittement pour l’un et légitime défense pour l’autre.

Sauf qu’à l’instar d’Angelo, Kahraman risque gros. En effet, ce dernier bénéficie d’une libération conditionnelle. En 2008, il a été condamné à douze ans de prison pour vol avec violence, association de malfaiteurs, tentative de meurtre et coups et blessures. Le tribunal décidera de l’avenir de ces trentenaires dans un mois.