Mons-Centre

La direction générale a rencontré les travailleurs ce lundi pour leur proposer des pistes de reconversion.

Pour protester contre les réformes de la protection civile, les agents de l'unité de Ghlin ont décidé de faire dans l'explicite : un mannequin crucifié au milieu des camions et des sirènes hurlantes. Le personnel de la caserne tient à se faire remarquer pour se faire entendre. Dès le 1er janvier 2019, l'unité ghlinoise disparaitra de la carte de la Belgique suite à la réforme décidée par le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA). Seules deux des six actuelles casernes seront maintenues : celle de Brasschaat (province d'Anvers) et celle de Crisnée (province de Liège).

Cette disparition engendrera de nombreuses conséquences pour le personnel de ces quatres casernes abandonnées, dont celle de Ghlin. C'est ainsi que la direction générale de la protection civile a décidé de venir ce lundi après-midi à la rencontre du personnel. "En plus de fermer les casernes, ils vont diminuer les effectifs de 35%", relate Alex Neuprez, délégué CGSP et adjudant à l'unité de Ghlin qui a rencontré la direction.

Il sera aussi proposé aux agents ghlinois d'être transférés à Crisnée. "Mais il y aura une sélection avant d'aller là-bas parce qu'il faudra repasser des tests physiques", peste Alex Neuprez. "Ils ne vont donc garder que les meilleurs. Les autres vont être envoyés comme gardien de prison ou faire le transport de fourgon..."

C'est en effet le sort qui sera réservé au personnel qui n'ira pas dans la dernière caserne de Wallonie. "On va nous proposer de rentrer à la police ou bien dans les centres fermés pour aller conduire les détenus. Ou encore dans les zones de secours. Mais accepteront-ils des pompiers de 53 ans ? La moyenne d'âge du personnel de l'unité de Ghlin est de 53 ans."

En plus de devoir effectuer les trajets jusque Crisnée (250 km aller/retour), les agents qui accepteront de rejoindre l'unité liégeoise devront faire face à une révolution des horaires. "On va devoir faire des tranches horaires moins longues ce qui nous obligera à faire encore davantage de trajets. Les politiciens font vraiment n'importe quoi..."

Une nouvelle action d'ampleur plus importante sera organisée le 18 décembre à Bruxelles à l'occasion de l'assemblée générale annuelle. "Nous allons essayer de réunir le personnel des autres casernes pour manifester dans la rue de la loi", annonce le délégué CGSP.

Le mois dernier, la ville de Mons avait décidé de déposer un recours devant le Conseil d’Etat pour tenter d’annuler l’arrêté royal prévoyant la fin de l’unité ghlinoise.