Mons-Centre En 1996, Carlo Di Antonio accueillait l’idole des jeunes sur le site du Dour Festival.

Dour, 1996. La plaine de la Machine à Feu résonne encore de son festival qui a vu défiler Beck, No Doubt, Franck Black ou encore NTM. Mais c’est un artiste d’un registre différent qui s’empare de la scène encore chaude le 15 juillet de cette année-là…

"Ça nous arrivait de temps en temps", indique Carlo Di Antonio, fondateur du Dour Festival. "Nous profitions de l’infrastructure mise en place à l’occasion du festival pour organiser un concert juste avant ou juste après. Nous avons ainsi eu Stéphane Eicher en 94 ou Obispo au début des années 2000."

En 1996, c’était Johnny Hallyday qui allumait la plaine de la Machine à Feu à Dour devant quelque 10.000 fans. "Il n’était pas au sommet de sa gloire à l’époque et nous avions pu l’avoir pour Dour", se souvient Carlo Di Antonio. "Quelques années plus tard, il remplissait à nouveau les stades."

Rameuter 10.000 spectateurs quand on est dans le creux de la vague, bon nombre d’artistes en rêveraient. Mais Johnny n’était pas un artiste comme les autres. "Je me souviens de quelqu’un qui créait une atmosphère particulière dès qu’il rentrait dans une pièce. Il dégageait un charisme impressionnant."

Carlo Di Antonio avait eu l’occasion de discuter avec le chanteur avant le concert. "Il s’était intéressé au nom de la Machine à Feu. Je lui avais expliqué que c’était un ancien site de charbonnage et que mon père et mon grand-père avaient travaillé là. Des années plus tard, nous organisions des concerts sur ces terres au fond desquelles nos ancêtres avaient travaillé. Ça l’avait beaucoup intéressé."

Même si elle n’était pas au sommet de sa gloire, la légende vivante avait quelques exigences auxquelles les organisateurs avaient dû se plier. "Il avait un costume en léopard. Nous avions dû vite courir à Mons pour le nettoyer au pressing avant le concert. Nous avions aussi dû déplacer une loge qui n’était pas assez près de la scène. Et son cuisinier personnel était allé faire les courses avec l’un de nous au supermarché du coin, ramenant quatre caddies de produits spécialement sélectionnés pour Johnny. Mais on sentait que c’était plus des exigences de son entourage que de Johnny lui-même."

Vingt et un ans plus tard, Carlo Di Antonio n’est pas insensible à l’annonce du décès du chanteur. "Ce n’est pas la musique que j’écoute tous les jours. Mais j’ai un immense respect pour la carrière qu’il a faite. Nous avons tous des chansons de Johnny qui nous ont marqués. C’était un artiste impressionnant."