Mons-Centre

Le prévenu dit ne pas supporter “les reproches”, le ministère public réclame quatre ans de prison

À 28 ans, Vincent a déjà été condamné trois fois pour des coups et blessures infligés à sa compagne Camille. En dix ans d’union, deux enfants sont nés. Mais la famille vit depuis presque toujours dans la précarité du côté de Hensies. Si Camille bénéficie de la mutuelle, Vincent, soudeur de formation, reste oisif. Enfin, pas totalement, car au procès il a fini par reconnaître qu’il avait déjà fait des petits boulots sur des chantiers et dans une poissonnerie. Preuve en est qu’il peut se retrousser les manches.

La violence au sein de ce couple n’est pas régulière, assure sa compagne en pointant les crises en période de passivité profonde. “Il encaisse beaucoup, pendant longtemps et puis, tout d’un coup, il devient comme une furie.” Le prévenu ne boit pas, ne se drogue pas. Reste que Vincent retombe dans ses travers dès qu’une contrariété lui fait péter les plombs. La dernière scène remonte à juillet 2017, lors de l’anniversaire de l’un de leur bout de chou. Camille en souffre encore et une incapacité de plus de quatre mois est retenue dans la citation. Un certificat médical de 188 jours en atteste.

Cette scène d’anniversaire qui a viré au drame, c’est ce qui lui vaut de comparaître détenu devant la justice montoise. Avec son sursis révoqué, Vincent n’en menait pas large. Il est en aveux des coups portés à sa compagne mais ne les explique pas vraiment. “Je ne supporte pas les reproches”, a-t-il expliqué à l’expert psychiatre qui lui a diagnostiqué un trouble du comportement. Me Mairiaux, son conseil, a tenté d’obtenir un nouveau sursis probatoire en arguant sur “le malheureux gâchis”.

Le hic ? Il en a déjà bénéficié et n’a pas respecté ses conditions. “Le suivi psychologique était payant. J’y suis allé une fois mais après, je ne pouvais plus payer. Je n’ai rien, je ne possède rien,”disait-il tête baissée au tribunal. Ses parents peuvent le recueillir dans les prochains mois, le temps qu’il sorte la tête de l’eau. Partie civile, son ex-compagne ne lui réclame pas grand-chose, un euro provisionnel, principalement pour, un jour peut-être, payer ses soins médicaux et son suivi psychologique. “Je ne veux pas lui enlever le peu de chose qu’il a,” disait-elle à l’audience.

Du côté du ministère public, le substitut Moinil le considère comme “dangereux” pour son ex et leurs enfants. Il réclame le minimum à savoir quatre ans de prison et qu’il dépende du tribunal d’application des peines afin de mettre sur pied un plan de reclassement strict et suivi. “En six mois, il y a eu quatre procès-verbaux de constatations de violence conjugale. Nous ne sommes pas dans un cabinet de psychologues”, précisait le substitut affirmant qu’aucune garantie n’était fournie à suffisance pour que le tribunal lui accorde sa confiance. Jugement à la fin du mois.