Mons-Centre

Le ministère public entend lui infliger “un coup de pied moral”

Agression d’un SDF, hold-up chez un libraire, vol d’un carnet d’ordonnance, port d’arme, rébellions à agents et gardiens de prison, outrages,… Voilà la panoplie de méfaits retenus contre Abdessamad (30 ans), l’unique détenu du procès en cours étudié par la chambre à trois juges de Mons. À l’audience, il a essayé de faire son mea culpa en saupoudrant ses multiples prises de parole de “je jure sur ma tête” ou “sous votre respect”. Le tribunal appréciera la force de ses regrets.

Les faits les plus graves, sur le plan pénal, ont été commis à Soignies au préjudice d’un libraire, le 18 novembre dernier. Il a déboulé dans le commerce en exhibant un taser et en exigeant des cigarettes et du vin. Résultat ? Le libraire souffre d’une incapacité de plus de quatre mois. “Je suis entré sans intention de lui faire peur,” affirme-t-il “Je ne savais pas payer. Ce n’était pas un taser mais un paquet de cigarettes, plutôt un étui à cigarettes et à cigarillos.” Pour tenter d’acquitter son client de la circonstance aggravante d’incapacité, Me Liénard a pointé la consommation antérieure d’antidépresseurs du libraire.

Passons à l’agression d’un SDF à Braine-le-Comte un peu plus tôt dans l’année. “Nous nous sommes croisés, il a tenté de me porter un coup, je l’ai esquivé, je l’ai attrapé au col et il est tombé sur le visage”, dit le prévenu. Le SDF s’est quand même retrouvé avec le visage transformé en pomme d’amour. "Et le flacon de méthadone? ," interroge le substitut Moinil. "J’avais perdu mon écharpe. Une heure après, je suis revenu, le flacon était par terre et je l’ai pris. Jamais je ne suis allé dans la poche de quelqu’un", assure-t-il.

Les armes, deux fusils dont une Kalachnikov qu’il baladait dans un caddie en pleine rue, sont à l’entendre “des répliques invendues”. “Je suis brocanteur, j’avais une ASBL. Le caddie a percuté une bordure, le drap s’est soulevé.” Motif légitime ? Le tribunal tranchera. Le ministère public a quant à lui réclamé 3 ans de prison pour l’agression du libraire et 4 ans pour les vols et les coups. “Il est nécessaire de lui infliger un coup de pied moral”, estime le substitut constatant l’échec des sursis.

Les rébellions et les outrages (en récidive) sont partiellement reconnus par Abdessamad. Il reconnaît aussi avoir subtilisé le carnet d’ordonnances d’un médecin et d’avoir fermé brutalement la porte de sa cellule sur un agent pénitentiaire mais “c’était involontaire”. Reste que l’agent en question souffre d’une incapacité d’un mois et demi. Une peine supplémentaire de 18 mois pour les rébellions et outrages à agents et policiers est réclamée.

Les policiers de la Haute Senne le connaissent aussi très bien pour ses injures et ses frasques lors de contrôles alors qu’il est “en crise boisson”. Et pourtant il a “toujours voulu devenir policier”. C’est plutôt mal parti ! Jugement dans un mois.