Mons-Centre Polémique : seulement 956 mètres d’écrans acoustiques à Nimy sont nécessaires

L’autoroute E19/E42 (A7) à hauteur de Mons fait l’objet de nombreuses controverses parmi les milliers d’automobilistes qui l’empruntent chaque jour. Vétusté, travaux, accidents, bouchons, trous, … ne cessent d’agrémenter les polémiques. Le bruit émanant de cette portion d’autoroute - Bruxelles vers Mons, à hauteur de Nimy - est aussi infernal. À tel point que les riverains s’en plaignent depuis plus de quinze ans !

Depuis 2001, l’autorité wallonne est alertée quant à ce problème mais rien (ou presque) n’a été fait. Les riverains sont las. Et même si la ville de Mons n’y peut pas grand-chose, une motion portée par le MR est déposée au conseil de lundi. L’idée ? Que l’ensemble des élus tapent du poing sur la table.

Bref, que le schmilblick avance une bonne fois pour toutes. Car en quinze ans, outre des dossiers administratifs, des études et des promesses des différents ministres des Travaux publics, aucun mur acoustique digne de ce nom n’a été installé. Et pourtant, tout le monde s’accorde sur la nécessité de l’installation d’un mur antibruit approprié à hauteur de Nimy.

"Les mesurages réalisés indiquent que les écrans acoustiques placés sur le côté nord de l’autoroute ne présentent plus une protection suffisante pour les riverains […]", indiquait le ministre Dardenne en 2003. Plus de dix ans après, une étude relative aux nuisances sonores était réalisée par le Service public de Wallonie (SPW). "La solution étudiée pour le candidat-site correspond à l’installation d’un écran antibruit de 956 mètres de long et s’étendant entre les bornes kilométriques 56.3 à 57.2, dont la hauteur varie entre 3 et 7 mètres selon la localisation le long de l’autoroute. Après installation des écrans antibruit, cette zone sera soumise à un niveau de bruit inférieur à la valeur limite choisie, soit 68 dB." C’était en 2015, mais depuis lors, le tronçon d’autoroute n’a pas évolué.

"Une sorte de découragement a gagné les personnes des quartiers concernés, déplore Georges-Louis Bouchez. Elles sont lassées de lire des promesses jamais tenues. Interpeller les autorités compétentes (ou non) ne change, en pratique, rien. Entre-temps, l’autoroute est même passée de deux à trois bandes de circulation. Ce qui manifestement accentue encore les nuisances sonores. La situation problématique est connue depuis plus de quinze ans mais n’a débouché que sur des promesses trop souvent non respectées. Nous voulons un engagement ferme et irrévocable de la Région ! Nous demandons donc à ce que tous les élus montois soutiennent ce dossier."

À n’en pas douter, ce dossier fait grincer des dents, et pas seulement celles des riverains situés aux abords de l’autoroute.

Pas avant fin 2018

Le cabinet du ministre des Travaux publics, Carlo Di Antonio (CDH) se charge du dossier controversé. Le nerf de la guerre est toujours pointé pour expliquer l’absence d’aménagements sonores de l’E19 à Nimy. "Ce projet sera réalisé dans le cadre de la réhabilitation de l’A7 entre Saint-Denis et Jemappes", précise le cabinet du ministre. "Ce projet comprend la réfection de la voirie, la pose d’écrans antibruit, la réhabilitation de l’étanchéité de dix ponts et le renforcement structurel de trois ponts. À l’heure actuelle, cette réhabilitation est au stade des études techniques. Ces travaux seront financés par la Sofico et devraient débuter fin 2018 ou en 2019." La potentielle missive du conseil communal de Mons pourra-t-elle accélérer cette étape ? Pas certain.