Mons-Centre Il s’agit de l’humusation : les Ecolos militent pour que Mons soit ville pilote

Donner la vie après sa mort, c’est un peu l’idée de l’humusation comme mode légal de sépulture. En clair, il s’agit de transformer de manière naturelle un corps via un compost. Depuis quelques années, cette méthode funéraire très particulière anime les débats. Beaucoup d’écologistes y sont favorables, car, quoi que l’on en pense, les deux méthodes actuelles (inhumation ou la crémation) sont particulièrement polluantes pour l’environnement.

Reste qu’en Belgique, ce procédé 100 % respectueux de l’environnement n’est pas légal, même si depuis peu, la Région wallonne se penche sur ce mode de sépulture. D’ailleurs, certaines communes wallonnes, dont celles de Chaumont-Gistoux et d’Ottignies-Louvain-la-Neuve ont déjà marqué leur intérêt. Celle de Walhain (Brabant wallon) a récemment sollicité une analyse auprès de la Région wallonne quant à la possibilité de recourir à cette pratique. Mons s’apprête également à étudier la question via une motion, déposée par le groupe Ecolo à l’ordre du jour du conseil prévu la semaine prochaine.

"Il existe de plus en plus de citoyens qui sont sensibilisés à ce procédé, explique Alienor Lefebvre, conseillère Ecolo qui portera le dossier à la connaissance des élus montois. Une pétition allant dans ce sens a récolté 12.000 signatures en Belgique. Une centaine de Montois ont signé cette pétition qui tend à reconnaître cette formule comme mode légal de sépulture."

Concrètement , l’humusation prévoit que la dépouille soit remise en terre avec du broyat de bois. L’idée est que l’espace devienne un parc (même une forêt) où les proches pourraient se recueillir. "Il serait intéressant que de tels lieux existent dans chaque province. En Hainaut, pour l’instant, aucune commune ne s’est encore intéressée à la question. En proposant la motion au conseil communal, nous proposerons aussi que Mons soit commune pilote."

La motion vise donc à demander au gouvernement wallon de reconnaître l’humusation comme mode de sépulture, au même titre que l’inhumation et la crémation. "Et qu’un espace à Mons puisse être trouvé pour procéder à l’humusation des défunts qui en ont fait l’enregistrement comme acte de dernière volonté," conclut le groupe Ecolo. Débat la semaine prochaine.

Méthode 100% naturelle

L’inhumation traditionnelle, connue dans nos contrées, est un mode de sépulture qui ne permet pas d’éliminer tous les produits métalliques et chimiques accumulés dans le corps. "Ces produits percolent dès lors dans la nappe phréatique et polluent l’eau des rivières et des mers pour se retrouver dans la chaîne alimentaire dont l’homme se nourrit", explique le groupe Ecolo dans sa motion. La crémation est aussi néfaste pour l’environnement dans la mesure où elle est très coûteuse en énergie fossile et produit des rejets atmosphériques qui participent à la pollution de l’air et au réchauffement climatique.

L’humusation permet de valoriser la biomasse tout en éliminant la plupart des résidus toxiques grâce à un processus contrôlé de décomposition des morts par des micro-organismes dans un compost composé de broyats de bois.

Selon différentes études, en un an, l’humusation transformerait la dépouille mortelle en humus sain et fertile. Cet humus peut ensuite, selon les dernières volontés du défunt, soit être étendu sur un sol à régénérer, soit être dispersé sur une parcelle de cimetière végétalisée, soit être restitué à la famille pour être enterré avec une jeune pousse d’arbre sur un terrain privé. "Au fur et à mesure, la parcelle se transformerait en une forêt de recueillement pour les familles et pourquoi pas, en un espace de promenade," plaident les écologistes.