Mons Le Taser est toujours testé mais n’a pas encore concrètement été utilisé

Un peu avant les festivités du Doudou, la zone de police de Mons-Quévy a reçu l’autorisation par le ministre de l’Intérieur Jan Jambon de tester, en situation réelle, le pistolet à impulsion électrique. Il faut écrire que la zone de police, via son chef de corps lui-même, Marc Garin, a milité durant de nombreux mois pour voir apparaître cette nouvelle arme dans l’attirail existant. L’expérience pilote concerne 14 zones de police dont celle de Mons et de La Boraine. L’arme jaune a donc fait son apparition dans certains ceinturons à l’occasion du Doudou.

Au total, 13 policiers montois ont reçu le feu vert de dégainer et de tirer avec cette arme controversée. Au Doudou, lancement officiel pour la zone de police montoise, aucun tir n’a été réalisé. Il n’empêche que la zone de police de Mons-Quévy poursuivra l’expérience lors des grands événements ainsi qu’en intervention les week-ends.

Si aucun tir n’a, à ce jour, été réalisé par les policiers montois, cela fait dire à Marc Garin que l’aspect dissuasif de l’arme fonctionne. "Il est emporté par les policiers qui ont suivi la formation et qui ont obtenu l’autorisation du ministre dans l’équipement pour les missions de sécurisation et les week-ends. Nous n’avons pas encore eu à l’utiliser concrètement."

Reste que l’utilisation de cette nouvelle arme fait l’objet de nombreuses contestations. Même les procureurs généraux ont émis des réserves quant au cadre légal qui régit l’armement des policiers locaux. "Je n’ai eu aucune remarque particulière des policiers, aucune contestation. Je pense qu’il faut laisser du temps au temps pour mieux appréhender l’effet dissuasif, dont je suis convaincu. L’avoir sur soi est une chose, mais attendons de voir lorsqu’il sera dégainé ou qu’il aura grésillé."

Précisons que tous les policiers montois ne portent pas en permanence le Taser.

Quid de l’avenir ? "Nous allons poursuivre le projet pilote, mais il ne faut pas croire que nous allons l’évaluer en fonction du nombre de tirs réalisés. Pour résoudre les problèmes liés à la violence physique et les rébellions à l’égard des policiers, je pense que le Taser peut avoir une réelle influence." Dans six mois, un premier bilan sera dressé auprès du ministre.

SLFP: "Les policiers ne sont pas protégés"

Du côté des représentants syndicaux, personne n’a changé son fusil d’épaule. "L’arme est illégale, rappelle toujours Philippe Bailly, président provincial du Hainaut SLFP. Nous sommes contre en l’état actuel parce qu’il n’y a toujours pas de cadre légal pour l’utilisation de cette arme. Nous sommes ici dans le cadre d’une période test, mais le pistolet à impulsion électrique reste un armement particulier. Même les procureurs généraux sont de cet avis."

Résultat ? "Nous avons conseillé aux policiers de ne pas l’utiliser ! En cas de problème, c’est le policier qui sera amené à rendre des comptes à la justice. Les policiers ne sont pas protégés s’ils utilisent cette arme. Ce n’est pas le ministre de l’Intérieur qui endossera la responsabilité en cas d’utilisation de l’arme ayant des conséquences malheureuses."

Selon la dernière note du Collège des procureurs généraux, le cadre légal de cette phase pilote serait néanmoins suffisant. "C’est un peu flou, déplore Philippe Bailly, "car cet armement peut présenter un grave danger pour quelqu’un qui présente, par exemple, une maladie cardiaque ou un pacemaker. Ce n’est pas une arme non létale, c’est une arme qui peut aussi entraîner le décès."

Cela signifie que le SLFP recale définitivement l’arme. "Nous n’avons aucun problème avec l’arme en tant que telle. Si le législateur nous sort un cadre légal pour le pistolet à impulsion électrique et qu’elle est encadrée, nous n’y sommes pas opposés. À ce stade, il y a encore trop de flou, même avec cette autorisation particulière du ministre. Nous sommes très réticents et nous déconseillons aux policiers de l’utiliser."