Mons

L'association espère que l'auteur de ce carnage sera identifié

C’est un coup de gueule que Natagora pousse ce lundi. Et pour cause ! Il y a quelques jours, un ornithologue de l’association constatait la destruction volontaire de rapaces sur la plaine de Givry, dans la commune de Quévy. Au total, ce ne sont pas moins de six busards des roseaux, cinq buses variables et deux faucons crécerelles qui ont été tirés.

Ces oiseaux sont pourtant protégés par la loi. Il est donc interdit de les mettre à mort, quelle que soit la méthode employée. L’Unité Anti-Braconnage de la Région wallonne s’est dès lors rendue sur place afin de prélever les cadavres. Ceux-ci feront l’objet d’une autopsie, un procès-verbal sera rédigé et les auteurs seront recherchés. Natagora a de son côté déposé plainte contre X afin de ne pas laisser ce carnage impuni. L’auteur encourt une amende pouvant aller de 800 à 800.000 euros.

© Leirens

La Ligue Royale Belge pour la protection des Oiseaux et Natagora espèrent obtenir des mesures de réparation pour le futur. Une telle destruction met en effet à mal les populations de ces espèces dans les plaines agricoles. Cette année en Wallonie, seules trois nichées de busards des roseaux ont pris leur envol en plaine, et quatre ou cinq en roselières.

"Nous menons de nombreuses actions de protection de ces espèces, particulièrement, pour le busard des roseaux, nicheur rare en Wallonie », explique Jean-Yves Paquet, Directeur du Département Études de Natagora. « Il fait l'objet de mesures de conservation spéciales concernant son habitat, notamment les marais du Hainaut occidental. Avec les deux autres espèces de busards de Wallonie, un plan d’action est mis en œuvre dans le cadre du Belgian Nature Integrated Project, cofinancé par l’Europe et la Wallonie. »

Dans ce cadre, les nichées de busards s’établissant parfois dans les champs de céréales font l’objet d’une protection active afin d’éviter la destruction involontaire lors de la moisson. Ces actions sont l’occasion d’une bonne collaboration avec les agriculteurs. « Il est donc particulièrement regrettable de voir détruire ces jeunes oiseaux après autant d’efforts pour les sauver !"

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Et l’association d’ajouter : « Cette destruction de rapaces est probablement motivée par des enjeux cynégétiques qui prêtent à ces oiseaux un rôle non avéré dans la diminution du petit gibier des plaines. Or, la diminution des populations des perdrix, faisans et lièvres est principalement due à l’industrialisation de l’agriculture (pesticides, disparition des haies, des bosquets, mécanisation, etc.). Outre qu’elle est totalement illégale, la destruction des rapaces n’est donc pas une solution, pas plus que les lâchers de gibier d’élevage. »

Natagora rappelle enfin que « seules des exigences de sauvegarde de la nature doivent motiver les actions entreprises dans le cadre d’une gestion cynégétique afin de protéger l’équilibre des milieux et des espèces les plus fragiles et les plus menacées. »