Mons

Après avoir annoncé une fermeture, le baron pointe des signes de bonne volonté communale

Il y a deux semaines, c'est la mort dans l'âme que le baron Duesberg annonçait la fermeture de son musée des arts décoratifs. La convention signée entre le collectionneur, le bourgmestre Elio Di Rupo et le gouverneur Tommy Leclercq ne portait pas ses effets. Pire, le baron devait composer avec le départ de sa concierge et se retrouvait plus seul que jamais. Incapable du haut de ses 84 printemps d'assumer les tâches inhérentes à un tel musée, le baron Duesberg annonçait donc la fermeture des lieux, acceptant d'organiser encore quelques visites sur rendez-vous, dans une phase de transition.

Cette annonce aura manifestement fait grand bruit. "Cela a suscité beaucoup de réactions venant de toutes parts", indique François Duesberg. "Je sens maintenant de la part de la Ville de Mons des signes de bonne volonté et une prise de conscience. Le bourgmestre Elio Di Rupo suit même le dossier de près, malgré un agenda très chargé."

Concrètement, plusieurs problèmes pourraient trouver une solution dans un futur proche. Des négociations auraient repris pour débloquer la situation à la Maison de la Réunion. Une partie des collections du musée Duesberg devrait y trouver place, mais la commande de vitrines s'était enlisée dans un conflit entre le fournisseur et la Ville de Mons. Des ouvriers communaux devraient en outre seconder le baron dans les tâches devenues trop difficiles et un nouveau catalogue pourrait être rédigé.

Par ailleurs, le musée serait enfin "mis sur orbite", comme le souhaitait François Duesberg, à l'occasion des Biennales. "Nous parlons maintenant d'organiser une exposition retentissante sur les arts de la table à l'heure napoléonienne", précise le baron. "Plusieurs lieux ont été évoqués, comme les anciens abattoirs ou le BAM. Mais cela pourrait se faire dans notre musée. Je suis ouvert à toutes les formules les moins compliquées et les moins onéreuses."

Alors que la fin du musée Duesberg semblait imminente, le collectionneur semble avoir repris du poil de la bête et nous confie être plus actif que jamais. "Nous devrions aménager une nouvelle salle. Je viens encore d'acquérir de nouveaux objets venant de Paris et Bruxelles. Et les discussions avancent pour ouvrir une antenne dans notre capitale. Il ne s'agit pas de déménager le musée, mais d'aménager certaines pièces dans la magnifique Maison patricienne, près de la Grand-Place et du Manneken-Pis. Nous avons notamment des porcelaines et de l'orfèvrerie bruxelloises ainsi que quelques pendules signées par les plus grands horlogers de Bruxelles. Cela permettait de créer une passerelle de prestige entre la capitale de Belgique et la capitale culturelle de Wallonie."

La Ville de Mons avait toujours indiqué vouloir préserver le musée Duesberg qu'elle considère comme un joyau de son patrimoine. Le baron se réjouit à présent des signes encourageants qui lui ont été donnés, après son lancer de bouteille à la mer.