Mons Après le déluge qui a ravagé son atelier, le chocolatier attend toujours les experts

Le temps paraît bien long pour Camille Druart et tous les gourmets qui avaient l’habitude de s’approvisionner chez le célèbre chocolatier d’Angreau. Début juin, son atelier était ravagé par les inondations. Près de trois mois plus tard, la situation est toujours au point mort

"J’attends encore le passage des experts de l’assurance", soupire l’artisan. "C’est les congés. Quand il y en a un qui rentre de vacances, c’est un autre qui repart. Pendant ce temps-là, je poireaute. Ca commence à faire long. Hier, j’ai eu l’autorisation de vider le container devant chez moi. Ca commençait à puer. Mais pour le reste, je suis suspendu à l’avis des experts."

Un avis crucial pour l’avenir de la célèbre chocolaterie. "Je ne sais pas encore si je vais reprendre mon activité", poursuit Camille Druart. "Tout dépendra des assurances. À mon âge, je ne vais pas commencer à emprunter pour relancer l’affaire. Mais c’est compliqué. Une machine à chocolat, ce n’est pas la même chose qu’une machine à laver. L’usure n’est pas la même. J’avais par exemple une machine à 200.000 euros qui avait 20 ans. Mais elle était partie pour durer encore plusieurs générations. Il faut pouvoir le faire comprendre aux experts."

Le temps paraît bien long pour le chocolatier. Il est même préjudiciable. "Financièrement déjà, la chocolaterie ne tourne plus. J’ai des clients qui ont dû se tourner vers d’autres fournisseurs. Certains me disent que c’est en attendant, mais je ne suis pas sûr qu’ils reviendront. Enfin, c’est désormais trop tard pour être prêt pour les fêtes de fin d’année. Je ne peux pas encore commander de nouvelles machines. Et le temps qu’elles arrivent… Or, les fêtes de fin d’année, c’est près de 70 % de mon chiffre d’affaires. En plus, j’avais plein de nouvelles idées de créations. C’est râlant."

L’autre prochain grand rendez-vous pour le chocolatier, c’est Pâques. Mais pas sûr que Camille Druart sera opérationnel d’ici là. "On verra. Ca dépendra de ce que les experts vont me laisser. Comment aurait-on pu imaginer que tout serait détruit en une fois ?"

G.La