Mons

Anne-Sophie Jura s’engage en politique sur la liste PS de Colfontaine

À 25 ans, Anne-Sophie Jura est habituée aux compétitions. Plusieurs fois championne de Belgique en judo et régulièrement sur les podiums internationaux, elle enchaîne les titres. Mais la jeune Colfontainoise souhaite aujourd’hui mener un autre combat en se présentant sur la liste socialiste de sa commune. Elle y occupe la sixième place.

Pourquoi vous engagez-vous en politique ?

C’est une initiative personnelle, j’y pensais depuis quelques années déjà. Jusqu’ici, je gérais mes études en parallèle de ma carrière sportive. Mais je termine mon master et je n’avais pas l’envie de me retrouver à ne faire que du sport. Je ne pensais pas me lancer en politique immédiatement mais je me suis dit ‘pourquoi pas ?’ Gérer ces deux aspects me permettra de maintenir mon équilibre et de m’investir socialement.

Pourquoi sur la liste socialiste ?

Le PS défend des valeurs qui me tiennent à cœur. Je suis diplômée assistante sociale et je termine un master en science de la famille et de la sexualité. Je suis attachée au contact avec la population et aux valeurs de solidarité. J’estime que chacun doit avoir les mêmes droits, les mêmes chances, tant en matière d’accès aux soins de santé qu’en matière d’accès au sport ou à la culture.

Comment envisagez-vous votre engagement, y a-t-il des combats que vous souhaitez mener ?

Je suis quelqu’un qui voit étape par étape, objectif après objectif. Mais si je suis élue, je souhaite apporter ma jeunesse et mon dynamisme au reste de l’équipe. De par les valeurs inculquées par le sport, ma pratique à haut niveau et ma formation, je suis évidemment sensible à l’accès au sport pour tous. Je sais à quel point cela peut être difficile financièrement ou pour une personne handicapée par exemple. Je m’investis moi-même dans des activités auprès des publics plus fragilisés ou souffrant de handicaps. Je souhaiterais mettre cela en avant.

Colfontaine souffre d’une image assez négative…

Et c’est dommage ! Il y a de nombreuses choses positives qui sont organisées et j’ai l’impression que beaucoup ne voient que le négatif. Je sais que je ne vais pas révolutionner le système du jour au lendemain mais j’espère apporter ma pierre à l’édifice grâce à mon envie de bien faire. Je pense qu’il faut travailler sur les points forts et mettre davantage en avant le travail qui est déjà mené sur la commune.

La politique a connu plusieurs scandales récemment. N’est-ce pas difficile, en tant que jeune, de s’engager ?

Je pense que c’est bien de montrer que des jeunes y croient encore, qu’il y a encore une volonté de s’investir. Avoir peur ne sert à rien, il faut aller de l’avant.

Comment pensez-vous mener votre campagne ?

Je dois admettre que je n’y ai pas encore réellement réfléchi. Je sais que je peux compter sur le reste de l’équipe, mais s’il y a un message que j’aimerais faire passer lors de cette campagne, c’est que je ne suis pas qu’une sportive. Je voudrais que les gens voient aussi la femme que je suis en dehors du judo; quelqu’un qui a des valeurs, qui a envie de s’investir pour les autres.

La politique entre deux compétitions

Si Anne-Sophie Jura est toujours parvenue à concilier son sport et ses études, elle mène aussi une vie de globe-trotteuse. Régulièrement en déplacement à l’étranger pour participer à des compétitions de judo et actuellement en préparation pour les Championnats du Monde et les Jeux olympiques, la Colfontainoise devra trouver ses marques pour s’investir politiquement si les électeurs lui en donnent l’occasion. "Je pense qu’il est toujours possible de trouver un arrangement. Finalement, je voyage beaucoup mais je suis aussi régulièrement chez moi. Je fais des allers-retours, mes déplacements ne sont généralement pas très longs. Je suis parvenue à gérer mes études, je ne vois pas pourquoi gérer un mandat politique ne serait pas possible", explique-t-elle, très sereine. Le choix reviendra cependant aux électeurs qui décideront ou non de lui accorder leur confiance pour siéger à Colfontaine.

Anne-Sophie Jura en trois questions décalées

  • Enfant, vous rêviez de devenir ?

"C’est un rêve que je poursuis encore, en réalité : je rêvais de devenir championne olympique, j’étais très inspirée par la judokate Gella Vandecaveye."

  • Si vous deviez être réincarnée, ce serait en ?

" En coquelicot, simplement parce que c’est une fleur que j’apprécie beaucoup."

  • Ce qui vous agace le plus ?

"L’injustice. Les différences, les discriminations sont des choses qui ne devraient pas exister."