Mons

Et pourquoi ? "Je me sentais un peu seul, c’est tout."

Le président de la cour d’assises du Hainaut a entamé l’interrogatoire de Cédric Maton (33 ans), accusé de meurtre, de tentative de vol avec circonstances aggravantes et tentative de viol et/ou attentat à la pudeur. Au cours de l’interrogatoire, Cédric Maton a décrit la matinée maudite du 22 avril 2017 à Mons.

Très tôt au matin, il est parti de chez lui pour aller à Mons, chez son parrain. "J’ai mis un jeans, j’ai pris le bus à Wasmes et je me suis arrêté à la gare de Mons," explique-t-il à la cour. "Mon parrain habite près des Grands Prés. Je suis passé devant la voiture et j’ai vu Laeticia Bauwens. Je voulais l’agresser sexuellement. On s‘est battu et je lui ai mis deux coups de couteau, accidentellement."

L’accusé n’avait jamais déclaré qu’il voulait agresser sexuellement Laeticia Bauwens mais qu’il voulait plutôt voler ce qu’il pouvait trouver. Précisions que la qualification des préventions a son importance sur le taux de la peine. "Je suis passé derrière la voiture, j’ai vu la portière entrouverte, je suis entré par la portière conducteur. Elle s’est mise sur le coté passager, on s’est bagarré et il y a eu des coups de couteau pendant la bagarre."

A plusieurs reprises, le président a demandé à l’accusé de détailler davantage la scène. "Je la tenais pas les cheveux, mon couteau est tombé, elle a essayé de le ramasser, je l’ai attrapé avant elle. Elle me donnait des coups de pied. Elle est tombée, je suis sorti du véhicule, j’ai vu qu’elle ne bougeait plus et je suis parti chez mon parrain."

Laeticia Bauwens a été retrouvée morte, son pantalon et ses sous-vêtements retroussés à mi-cuisse. Aucune trace de viol n’a été relevé par le médecin légiste. "Quand je suis rentré dans la voiture, je lui ai demandé d’enlever son pantalon. Elle ne m’a pas répondu, elle a crié, je pense. Elle a été prise de panique... Quand elle a vu le couteau tomber, elle a retiré son pantalon elle-même, à ce moment-là je lui tenais les cheveux. Le couteau était au niveau de sa tête, sous sa gorge sur le siège de la voiture. Le couteau est tombé sur sa gorge. La deuxième fois, je lui ai mis un coup de couteau sans le vouloir."

Et pourquoi ? "Je me sentais un peu seul, c’est tout." Et comment expliquer les hématomes et les nombreuses plaies relevées par les experts sur le corps sans vie de la jeune Laeticia Bauwens. "C’est en agrippant le couteau que ses mains se sont arrachées. Et en le tirant, je lui ai ouvert la gorge. J’ai retiré ma veste et j’ai frotté mon visage qui était plein de sang et je suis parti."