Mons

Me Ricardo, avocat de l’accusé, tente une autre qualification des faits du 22 avril 2017 à Mons, plus favorable au niveau du seuil de la peine

"Cédric Maton est un menteur, un manipulateur et un prédateur sexuel avec un quotient intellectuel de 61", a entamé mercredi Me Ricardo, à la défense de l’accusé. "Qui peut croire qu’il a pu avoir trois intentions en 180 secondes ? Personne ..." Selon la défense, la tentative de vol avec circonstance aggravante de meurtre ne tient pas la route. Il était animé par une seule intention, celle de l'agression sexuelle.

Trois éléments démontrent que Cédric Maton aurait "inventé le mobile de vol". "Une seule image suffit à contrecarrer cette argumentation de tentative de vol avec meurtre, c’est celle de Laeticia dénudée, sa culotte et son pantalon abaissés à mi-cuisses. Ensuite, sur le plan de la reconstitution, les explications données lors de la reconstitution et sur les éléments de la procédure où il lui était impossible de reconnaître une agression sexuelle par rapport à sa famille et ses co-détenus. Aucun élément ne permet de soutenir cette thèse du vol. Il ne s’est pas intéressé à la voiture, ni à son sac à main, ni à son portefeuille avec 40 euros. Si le mobile était la tentative de vol, pourquoi le toxicomane n’aurait pas pris le portefeuille? "

Et de poursuivre : "Nous savons aussi qu’il est impossible que Cédric Maton n’ait pas vu Laeticia Bauwens dans sa voiture. S’il voulait voler, il aurait directement pénétré dans le véhicule. Pourquoi a-t-il mis sa cagoule? Pourquoi a-t-il fait demi-tour ? Son idée était de commettre une agression sexuelle, pas de voler quelque chose. Et à la base, son intention n’était pas de donner la mort. Son intention homicide nait dans le feu de l’action."

Pour conclure, la défense a reconnu que l'accusé avait livré une série de déclarations contradictoires. "Mais un mensonge ne peut devenir une vérité judiciaire", a conclut Me Ricardo Bruno demandant au jury de réfuter la tentative de vol avec la circonstance aggravante d'homicide volontaire mais de répondre par l’affirmative à la question subsidiaire de meurtre, sans préméditation.

Après les répliques des différentes parties, l’accusé a pu prendre une dernière fois la parole. Il n’avait rien à dire… Le président de la cour d’assises du Hainaut a envoyé le jury en délibération à 16 heures.