Mons

La défense de Cédric Maton plaide deux circonstances atténuantes : son QI et son parcours de vie

"Vous n’aimez pas Cédric Maton, c’est bien normal", plaidait Me Henry Van Malleghem. "Et pourtant, je vais faire mon travail en portant une parole loyale et sincère. C’est un moment décisif du procès pour Cédric Maton car sa vie en dépend, aussi pour la société qu’il doit être protégée et pour la partie civile car il doit lui être fait de justice."

La mine grave Me Van Malleghem a pris la parole pour son Cédric Maton, reconnu la veille coupable des crimes contre Laeticia Bauwens (22 ans), le matin du 22 avril 2017. "Je ne vais pas essayer de jouer au marchand de tapis, je vais dire des choses raisonnables et qui ressortent du dossier. Les faits sont abjectes, gravissime mais il ne faut pas sanctionner avec la même brutalité et bestialité. Par rapport aux faits, il n’existe par rapport aux faits aucune circonstance atténuante."

Reste à savoir s’il en existe par rapport à la personnalité de Cédric Maton. "Il a un retard mental et un parcours de vie particulier, marginal. Je retiens la bonne volonté de sa maman, qui a été une bonne maman. Je retiens le caractère démissionnaire du papa. A l’âge de 6 ans, Cédric Maton a aussi une médication forte et importante. Que la situation soit très clair, je ne dis pas qu’il faut pleurer sur le sort de Cédric Maton. Je dis qu’il y a des circonstances de vie qui sont particulières et qui ont eu un impact sur la personne qu’il est devenue. Comment un gamin comme celui-là, serviable, gentil, a pu commettre une boucherie comme celle-là?"

La défense demande donc aux jurés de tenir compte de deux circonstances atténuantes en faveur de l'accusé : son faible quotient intellectuel et son parcours de vie. "Cédric Maton n’en serait peut être pas là, s’il avait été dans un entourage cadrant, s’il avait pu faire face à ses troubles de personnalité, s’il n’avait pas été mis en contact avec des éléments toxiques…. La faute ne doit pas être rejetée sur sa consommation de dogues et d’alcool. Ce garçon-là, dès le moment où il est contact avec des produits toxiques, il bascule dans la violence et on sait à quel point elle est importante, il bascule aussi dans la délinquance, importante également."

Et de conclure: "Je vous demande de reconnaitre qu’il existe une circonstance de vie particulière. Maton n’en serait peut être pas là, s'il avait bénéficié d'un entourage cadrant, s’il avait pu faire face à ses troubles de personnalité, s’il n’avait pas été mis en contact avec des éléments toxiques. Je ne pense pas qu’on puisse faire fi de cette circonstance atténuante ni du retard mental ni du parcours de vie. Je ne pose pas la question de l’irresponsabilité pénale mais de savoir si on juge de la même manière celui qui a 60 de QI, celui qui est dans la moyenne et celui au-dessus de la moyenne. Je pense qu’une différence doit être faite par rapport à des personnes qui n’ont pas les mêmes capacités intellectuelles."

Le jury est entré en délibération à 11h15. L'avocat général a réclamé la réclusion à perpétuité et une peine de 15 ans de mise à disposition du tribunal d'application des peines, sans reconnaître aucune circonstance atténuante dans le chef de Cédric Maton, 33 ans, originaire de Colfontaine.