Mons Les commerçants du piétonnier face aux touristes qui ne parlent pas français.

Where is Brian ? In the piétonnier of course ! L’effet Mons 2015 est là et les touristes sont de plus en plus nombreux dans le centre-ville. Beaucoup s’égarent même jusque dans l’artère commerçante entre deux visites de musées. Mais tous ne maîtrisent pas la langue de Molière.

Nous avons donc testé les connaissances en anglais de nos commerçants pour voir s’ils étaient préparés à gérer cette nouvelle donne.

Nous avons pénétré dans une petite dizaine d’échoppes en lançant un cordial "Do you speak english ?". Mais force est de constater que nos commerçants ne sont pas trop à l’aise avec la langue de Shakespeare. Partout, notre entrée en matière nous a valu de grands yeux paniqués.

Malgré tout , on se débrouille. "On arrive à se comprendre", nous confie Hélène qui vend des cigares depuis six ans. "On mélange du français, de l’anglais et surtout beaucoup de gestes. Je me débrouille mieux en grec de par mes origines. Et j’ai déjà eu quelques clients grecs !"

Chez un célèbre chocolatier, on remercie les guides. "Je ne parle pas anglais mais les touristes viennent généralement en groupe", explique Audeline. "Et il y a toujours un guide pour jouer les interprètes."

Dans un magasin de vêtements plus loin, pas vraiment besoin de maîtriser l’anglais. "Nous vendons de grandes marques françaises qui sont aussi connues en Flandre", indique Nogc Lan. "Or, mes clientes qui font du tourisme sont surtout des Flamandes qui parlent très bien le français."

Dans un autre magasin de vêtements, ce sont des Russes et des Chinois qu’on voit défiler. "Certains parlent un peu français", confie Marilyne. "Avec les autres, on baragouine comme on peut en anglais. Mais je me suis déjà fait engueuler parce que je ne savais pas indiquer l’Office du Tourisme."

Mons pourrait dès lors prendre des allures de Tour de Babel. Pour bon nombre de commerçants cependant, l’obstacle des langues doit être relativisé. "En ce qui me concerne, je ne vois pas beaucoup de changements au niveau des ventes avec Mons 2015", confesse Audeline. Dans ce magasin de parfum, on voit bien défiler des touristes. "Mais ils viennent plus par curiosité", complète Nancy. "Ce ne sont pas des acheteurs." Too bad !

Twenty-two, voilà les flics !

Capitale culturelle de l’Europe, Mons est devenue une ville internationale. Il n’y a qu’à laisser traîner ses oreilles dans le centre-ville pour entendre s’élever la symphonie polyglotte des passants.

À la zone de police de Mons-Quévy, on avait senti venir le coup et on avait proposé des cours d’anglais aux agents. La commissaire Lapaglia les a suivis. "Il y a eu une proposition de cours pour tous les services", indique la commissaire. "Plus de cinquante agents les ont suivis. Il s’agissait d’une vingtaine d’heures de cours données à l’école de promotion sociale de Jemappes."

Et pour parfaire les connaissances de nos agents en si peu de temps, les leçons étaient straight to the point. "C’était des cours très interactifs", poursuit la commissaire Lapaglia. "Avec quelques heures seulement, nous sommes entrés dans le vif du sujet en axant les discussions sur les thèmes policiers. Nous avions également des jeux de rôle pour nous mettre en situation."

Et la démarche n’a pas été inutile. "C’est clair qu’on voit beaucoup plus de touristes sur le terrain depuis le lancement de Mons 2015", confirme notre policière un brin anglophone. "Et bien évidemment, tous ne parlent pas français. Nos agents doivent donc faire face à des situations où ils doivent pouvoir communiquer en anglais. Généralement, il y a bien un des deux agents en patrouille qui se débrouille. Au pire, quelqu’un d’autre intervient."

La commissaire Lapaglia a elle-même eu l’occasion d’apprécier les effets des cours d’anglais prodigués au sein de la zone de police de Mons-Quévy. "C’était pour la soirée de lancement de Mons 2015 le 24 janvier. Une automobiliste venue du Shape voulait entrer dans le centre-ville alors que les accès étaient barrés. J’ai dû lui expliquer ce qui se passait et quelles alternatives s’offraient à elle."

Quelle que soit la langue, nous pouvons être sûrs que nos policiers montois sauront toujours se faire comprendre. Et pourquoi pas, avec un soupçon de flegme britannique ?