Mons L’an dernier, le conseiller communal s’était vu refuser son plan de caméras de surveillance.

Dans la nuit de lundi à mardi, Jean-François Willems, un jeune Montois de 19 ans, perdait dramatiquement la vie au cours d’une violente agression sur la place Léopold de Mons. Nombreux sont ceux qui ont directement mis en cause l’absence de caméras de surveillance à cet endroit. “C’est peut-être la seule gare d’une grande ville où il n’y en a pas”, peste un cafetier de la place Léopold.

Dans la foulée, Elio Di Rupo (PS) a affirmé que des mesures seraient prises pour résoudre ce problème : davantage de caméras dans la rue des Capucins mais également une ou deux caméras sur la place Léopold.

Il n’en fallait pas davantage pour faire tomber Georges-Louis Bouchez (MR) de sa chaise. “L’attitude du collège PS est révoltante”, réagit le conseiller communal. “Ils ont refusé toutes nos propositions en matière de sécurité depuis de nombreuses années et annoncent aujourd’hui, suite à un drame, l’installation de quelques caméras de surveillance, comme un gadget pré électoral. La sécurité est une question fondamentale et il est honteux de la traiter de la sorte.”

Le chef de file MR fait notamment référence à ses deux motions qui ont été refusées par le conseil communal. “Le PS a refusé d’adopter en janvier 2017 notre motion prévoyant un plan global pour plus de sécurité et en a fait de même avec notre proposition de mise en place d’un plan global d’installation de caméras de surveillance en septembre 2017.”

Georges-Louis Bouchez va donc surveillance. les textes de janvier et septembre 2017 qui prévoyait de couvrir l’ensemble du territoire “et non pas quelques caméras à certains endroits. Nous constaterons ainsi si le PS a enfin pris conscience de l’urgence ou s’il est toujours dans les effets d’annonce préélectoraux qui sont sa spécialité”, conclut-il.

Di Rupo : "Une réponse à l’émotion"

Pointé du doigt par Georges-Louis Bouchez, Elio Di Rupo (PS) répond : “Depuis plusieurs années, M. Bouchez tente de dire que nous sommes contre les caméras. Ce n’est pas vrai”, affirme-t-il. “J’ai simplement affirmé qu’une caméra n’avait jamais empêché un crime. Exemple à Nice ou à Londres : ça n’a pas empêché des actes terroristes. Mettre des caméras partout, comme il le voudrait, ne changerait pas tout.”

Dans le cas présent, le bourgmestre de Mons a voulu répondre à une volonté commune. “C’est à la demande d'un certain nombre de citoyens et de cafetiers. C’est une sorte de réponse à cette émotion qui est tout à fait légitime, compte tenu du drame. Mais le drame s’est produit à l’abri du regard de la caméra du café. De même, ce n’est pas une caméra qui a permis d’arrêter le meurtrier mais bien la police qui a agi en moins de quatre minutes et qui a trouvé cette personne avec du sang sur les mains. L’arrestation est dûe à l’efficacité de la police.”