Mons

Nous avons suivi Jean-Claude Bartel, son fils Christophe et son petit-fils Loriano

Voilà un an qu'ils attendent ce jour. Ça s'active chez Jean-Claude Bartel. Ici, trois générations de Gilles s'apprêtent à chausser leurs sabots. Il est quatre heures du matin. Dans la maison familiale, le grand-père, son beau-fils et son petit-fils enfilent leur costume. Dans une bonne heure, leurs camarades de société passeront les ramasser.

En attendant, place au bourrage. C'est le neveu de Jean-Claude qui s'y colle. "Il fait ça depuis des années", nous explique le Jeune Indépendant. "À une époque, il pouvait faire une quinzaine de bourrages sur la matinée. Il ne faisait que ça, enfiler la paille puis partir dans une autre maison. Depuis quelques années, il ne s'occupe plus que de nous. Ça reste en famille."

Alors qu'on lui glisse la paille sous le ventre, Loriano, 8 ans, est sacrément secoué. Mais le gamin ne bronche pas. C'est son troisième carnaval, et il a l'habitude maintenant. "On ne l'a pas poussé à faire le Gille", sourit Jean-Claude avec fierté. "C'est lui qui a voulu, pour faire comme son papa et son papy."

Les tambours se font entendre. Huit Gilles débarquent chez les Bartel. Une petite coupe de champagne, un biscuit, une aubade et voilà la troupe partie ramasser d'autres Jeunes Indépendants. Elle arpente ainsi les faubourgs de Binche au son du fifre pour rassembler la cagnotte. De maison en maison, les Gilles deviennent de plus en plus nombreux. Ceux qui les suivent aussi. Et c'est par dizaines qu'arrivent les invités dans la demeure de Valérie Gallinnella, dernière étape sur le parcours du ramassage.

Pour cette femme de Gille et maman de Gille, c'est un plaisir d'accueillir autant de monde. "Ça demande beaucoup d'organisation pour préparer les verres et les bouteilles de champagne. Et quelques petites choses à manger. Ce n'est pas évident d'être parmi les dernières maisons, car on ne sait pas toujours le nombre de personnes qu'il y aura. Nous mettons tous les verres que nous avons, en priorité pour les Gilles et leurs femmes, avec le risque que tous les suiveurs n'en aient pas. Nous avons toujours un petit stress malgré tout. Il faut que tout le monde soit accueilli correctement. Car le carnaval, ça se partage. D'ailleurs, nous invitons des amis différents chaque année pour leur faire découvrir." Une générosité toute binchoise qui contribue beaucoup au charme du carnaval.