Mons Les jeunes Montois sont-ils trop paresseux pour rouler à vélo ? "Non", assène le collectif

C’est avec cette question provocatrice que le collectif "Cyclistes montois gonflés à bloc pour passer à l’action" a mené sa première action dans la Cité du Doudou. Cette question a d’abord été posée en matinée aux automobilistes qui sortaient de l’autoroute à Mons et ensuite aux élus, en soirée, lors du conseil communal. L’objectif poursuivi est l’égalité entre les jeunes Montois et les jeunes Flamands en matière de mobilité.

Ce collectif est un nouveau groupe de défense du vélo. Ses membres sont motivés avant tout par un immense ras-le-bol face à "l’auto-immobilité dans laquelle leur ville s’enfonce chaque jour un peu plus." Ils disent en avoir "marre des mesurettes dérisoires prises pour le vélo, alors que la Ville de Mons et la Région wallonne ouvrent tout grand leur porte-monnaie pour l’automobile."

Quoi qu’il en soit, la réponse à la question est bien entendu négative. "Les jeunes Montois seraient heureux de pouvoir aller à l’école à vélo. Mais ce n’est pas ce que pensent les autorités montoises et wallonnes", peste Luc Leens, fondateur et ex-membre du Gracq Mons. "Depuis 30 ans, elles ne font presque rien pour permettre aux enfants d’aller à l’école à vélo. Pourtant, Mons est confrontée à un problème strident d’embouteillages aux heures d’entrée et de sortie des écoles. Un problème qui disparaît presque complètement chaque fois que les écoliers sont en congé pour un jour ou plusieurs semaines. Les embouteillages sont donc essentiellement provoqués par des parents obligés de conduire leurs enfants à l’école en voiture."

Les motivations du groupe ne manquent pas : absurdité des choix politiques actuels, changer les mentalités, lutter contre le manque de sérieux et la paresse intellectuelle des autorités, même des citoyens. "Il est temps que Mons ose regarder la vérité en face et voir ce qui se passe ailleurs : comment expliquer que dans certaines villes flamandes, mais aussi néerlandaises, danoises ou autrichiennes, plus de 50 % des élèves se rendent à l’école à bicyclette, alors que dans les écoles montoises, cette proportion est toujours inférieure à 1 %…"

Et pour le collectif, la vraie réponse est simple : "les infrastructures routières mises à la disposition des jeunes cyclistes par la Ville de Mons et la Région wallonne sont tellement mauvaises et dangereuses que la plupart des parents montois préfèrent empêcher leurs enfants d’utiliser la bicyclette, même quand ils ont suivi la formation du brevet vélo. Les efforts réalisés par la Ville et la Région sont à ce point dérisoires, maladroits et incohérents qu’ils n’ont eu aucun effet notable."

D’autres interventions consisteront à mener des actions "ludiques, spectaculaires et pétulantes" pour interpeller les autorités et la population.

L’échevin Pascal Lafosse (PS) s’est penché sur l’avenir plutôt que le passé pour évoquer les points dénoncés par le collectif. Il a mis en avant les travaux de la commission vélo, notamment, qui est en place depuis 2006 à Mons. "Les travaux de la commission vélo permettent d’identifier un certain nombre de points noirs qui font l’objet de suivis spécifiques par les services techniques de la ville, la police et le service public de Wallonie pour l’entretien du réseau, précise-t-il. Dans le cadre des réfections de voiries, la ville veille systématiquement à intégrer des aménagements cyclables répondant au besoin des cyclistes.

Et l’échevin de citer les parkings vélos et les vélos partagés dont un test avec les étudiants devrait voir le jour. "Notre volonté a été de retracer l’ensemble des pistes cyclables existantes, via un budget mobilité en 2017, que l’on espère reconduire en 2018. Environ 20 km de pistes seront tout prochainement retracés. Nous répondons ainsi à une forte demande des cyclistes quotidiens. La volonté est de mener une politique volontariste en matière de modes doux."

Quid de l’avenir ? Poursuivre la procédure d’actualisation du Plan communal de mobilité (PCM), intégrer des parkings à vélos au sein des parkings en infrastructure du centre-ville, proposer des abonnements pour les cyclistes à un tarif avantageux… "Enfin, nous souhaitons réserver une enveloppe budgétaire consacrée à la formation et aux déplacements des écoliers, en travaillant sur les axes formation, itinéraire et sensibilisation."