Mons Un vase et une pendule aussi rares qu’impressionnants s’ajoutent aux collections

Les crises s’éclipsent aussi vite qu’elles n’apparaissent au musée Duesberg. Le week-end dernier, le baron annonçait vouloir "en finir au plus vite". Les camions de Christie’s et autres sociétés aux enchères étaient sur le point de débarquer à Mons pour mettre un terme à l’aventure du musée qui célébrera ses 25 printemps l’an prochain.

Mais le baron Duesberg voit depuis "des rayons de soleil percer la grisaille ambiante". Le nouveau bourgmestre Nicolas Martin et son équipe n’ont pas tardé à montrer des signes de bonne volonté tant pour l’aide au personnel, que pour les travaux nécessaires au bâtiment ou encore les moyens qui seront déployés pour organiser une exposition en partenariat avec le musée dans le cadre de la Biennale. Le baron Duesberg craignait de perdre un allié de taille avec le départ d’Elio Di Rupo. Le voilà rassuré.

De quoi raviver le feu sacré du collectionneur maladif. Mais s’était-il vraiment éteint ? Le baron continue d’enrichir les prestigieuses collections qui nourrissent le musée et qui, rappelons-le, devraient revenir à la Ville de Mons à la mort du dernier époux Duesberg. Deux pièces particulièrement impressionnantes viennent ainsi d’être acquises.

La première est un vase en porcelaine de 80 cm de haut représentant Andromaque, célèbre personnage de la guerre de Troie. "Cette pièce appartenait à un grand graveur, Dominique Vivan Denon", nous explique l’heureux collectionneur. "Il a notamment accompagné Napoléon Bonaparte dans sa campagne d’Égypte. Je l’ai obtenu d’un de ses descendants très lointains. La qualité de la peinture sur un déroulé de cette taille est exceptionnelle. Ce n’est déjà pas évident sur une toile, mais sur un vase de cette taille, c’est un véritable tour de force."

L’autre pièce est une pendule au bon sauvage datant du début du 19e siècle. Elle vient enrichir la collection qui fait le prestige du musée Duesberg à travers le monde. Ces pendules, réalisées par les plus grands artisans de l’époque, sont en effet très difficiles à dénicher. "Cette collection est l’épine dorsale de notre musée. Un musée multiculturel qui célèbre la négritude dans toute sa splendeur en hommage à Aimé Césaire et Léopold Sedar Senghor", souligne le baron Duesberg.

Les rayons de soleil percent tant et si bien la grisaille qu’ils donnent du baume au cœur du collectionneur. Le voilà prêt à organiser non pas une, mais trois expositions pour la Ville de Mons. "En plus de l’exposition sur l’art de la table napoléonien qui se tiendra au musée, nous pourrions organiser quelque chose au BAM comme la Ville le souhaitait. Pourquoi pas sur ces pendules au bon sauvage justement ? Et si c’est possible, nous pourrions également exposer nos précieuses orfèvreries montoises à la Maison de la Réunion", conclut le baron Duesberg, très enthousiaste.

G.La