Mons Un ancien travailleur a évoqué des fessées et des coups sur certains bénéficiaires

Jeudi, la FGTB menait une action surprise devant le Centre de jeunes Don Bosco, une maison d’éducation et d’hébergement qui accueille des jeunes en difficulté, âgés entre trois et 18 ans, placés dans l’institution par les services spécialisés. Le syndicat souhaitait dénoncer le climat délétère et les pressions auxquelles les travailleurs seraient soumis depuis le changement de direction, en 2014. Dans le même temps, le syndicat annonçait que des faits de maltraitance avaient été relevés par plusieurs membres du personnel. Ce vendredi, Martin (prénom d’emprunt), ancien travailleur au sein de l’institution, a confirmé que deux plaintes avaient été officiellement déposées auprès de la police. "Lorsque je suis arrivé dans l’institution, les choses se passaient plutôt bien" , explique-t-il.

Mais les choses auraient rapidement changé. "Je me suis rapidement rendu compte que le climat était oppressant, que la direction en voulait toujours plus et n’était pas reconnaissante pour le travail fourni. Je me suis aussi aperçu que certains de mes collègues avaient la main légère… Je parle ici de fessées, de coups de poing et de coups de pied, de coups dans les parties génitales ‘pour rire.’"

Dans un premier temps, Martin a gardé cela pour lui. "J’en ai ensuite discuté avec quelques collègues, qui m’ont confirmé avoir assisté à des faits similaires. Même si ce n’est pas répétitif, ces coups sont des coups de trop ! Les enfants qui sont à l’institution sont déjà fragilisés. Il est clair que ces actions ne contribuent pas à leur bien-être. Un collègue et moi-même avons donc déposé plainte."

Pour l’heure, Martin a quitté l’établissement et suit le dossier à distance. "Je n’ai aucune envie d’entrer en contact avec la direction, je ne voudrais pas qu’elle mette la pression pour que je retire ma plainte. À plusieurs reprises, des faits de violence ont été dénoncés auprès d’elle ou du conseil d’administration. Les jeunes n’ont jamais été pris au sérieux et ont donc cessé de parler. Je pense aussi que certains parents ont des doutes mais se voilent la face."

Ce vendredi, il ne nous a pas été possible de joindre la direction. Mais jeudi, elle annonçait dans nos colonnes ne pas être au courant de plaintes officiellement déposées ou de griefs à son encontre. Elle insistait aussi sur le fait que sa porte restait ouverte.