Mons

Et pourtant, un budget spécifique et complémentaire de 200.000 euros a été alloué

Les aménagements de mobilité douce, sources de mécontentement dans la cité du Doudou ? C’est peu de l’écrire. D’autant plus encore depuis qu’un groupe de fêlés de la bicyclette s’est mis en tête, avec un humour corrosif, de dénoncer les absurdités auxquelles les cyclistes doivent faire face. Il s’agit bien sûr des “cyclistes gonflés à bloc pour l’action”, qui inondent la toile de leurs gags et farces en se foutant royalement des autorités publiques, tant communales que régionales. Le député Matthieu Daele (Ecolo) n’y est manifestement pas insensible et a interpellé le ministre Carlo Di Antonio (cdH). Il estime que les 88.032 euros prévus pour Mons en 2017 sont bien insuffisants. Pire encore que ces aménagements cyclables sont bien trop lents.

Après le bourgmestre Elio Di Rupo (PS), c’est donc au ministre Di Antonio de s’y coller et de faire l’état des lieux des projets en cours. Ainsi, à la rue Grande à Maisières (N6), le projet de mise à une voie de la traversée de Maisières est toujours à l’étude par la Direction des Routes de Mons, conjointement avec la ville. “Grâce à l’espace qui sera récupéré des pistes cyclables y seront aménagées”, affirme le ministre Carlo Di Antonio. À l’avenue Maistriau, du côté droit de la chaussée, une piste cyclable a été marquée ce printemps. “Le côté gauche fait encore l’objet de discussion en commission vélo sur les aménagements à réaliser.”

Du côté de la N556, entrée majeure de la ville venant de l’autoroute, toute la Grande Voirie est équipée d’une piste cyclable, excepté le tronçon entre la Porte du Parc et le carrefour du Lido. “À ce stade, il n’y a pas d’accord de la ville de Mons pour créer une piste cyclable sur ce tronçon. En effet la réduction à une bande de ce tronçon risque d’entraîner des remontées de files.”

De la gare de Mons vers la Plaine de Nimy, la volonté du ministre est de prévoir, “dès cette année”, des aménagements cyclables.  “J’ai attribué à chaque direction territoriale des routes un budget spécifique et complémentaire de 200.000 €. En 2018, celui de la Direction des Routes de Mons sera consacré à l’amélioration de la section entre l’hôpital Ambroise Paré et la gare de Mons. Le métré des travaux est en cours.”

Quid de 2018 ? “J’ai lancé un nouvel appel à projets Mobilité 2018”, précise encore le ministre Di Antonio. “Les liaisons cyclables utilitaires y seront de nouveau privilégiées. Les projets viennent d’être rentrés auprès de mon administration début mai. Le moment venu, je serai attentif aux projets qui auraient été déposés par la Ville de Mons, comme par l’ensemble de 262 communes de Wallonie.”

Pas certain que ces réponses suffisent au député Ecolo et aux cyclistes gonflés. “Par rapport à l’objectif fixé dans la “Vision FAST-mobilité 2030” de passer de 1 à 5 % de part modale cycliste, cela impliquerait pour Mons des investissements de l’ordre de 2 millions d’euros par an. On ne peut que constater le sous-investissement chronique en la matière.”

Trois projets encore à l'étude

Aucune véritable solution n’a, pour l’heure, été trouvée pour le pont de l’Avenue de l’Université, tronçon particulièrement dangereux pour les deux roues. “Des aménagements sont prévus à court terme mais présentent des difficultés techniques dues aux interventions sur les joints du pont,” rappelle toujours le ministre. Idem du côté de la liaison Mons-Quaregnon (N51, avenue de Jemappes), qui constitue pourtant un axe cyclable à haut potentiel. “Une étude menée par l’IDEA visant à y créer un axe de transport en commun à haut niveau de service est en cours. Elle doit intégrer les cyclistes. Toutefois la traversée de Jemappes, sinueuse et étroite, est très compliquée.”

Le contournement cyclable au niveau du centre ADEPS, pour lequel un budget de 250.000 euros a été libéré en 2016 par le ministre, est aussi toujours en phase d’étude.