Mons

Valentin Devriese, rejugé en assises à Namur à la suite d'un arrêt de la cour de cassation qui avait pointé un manquement au niveau de la motivation, a été condamné vendredi à cinq ans de prison avec sursis probatoire. 

En octobre 2017, il avait écopé, devant la cour d'assises du Hainaut, de 12 ans de prison pour séquestration, torture et non-assistance à personnes en danger, en mai 2014 à Wihéries (Dour). Les corps de Fanny Colmant, 35 ans, et David Dubois, 34 ans, avaient été repêchés dans le canal. En février dernier, la cour de cassation avait estimé que la peine de 12 ans de prison prononcée à l'égard de l'intéressé n'avait pas été correctement motivée par la cour d'assises.

Étant donné qu'elle avait reconnu des circonstances atténuantes, la cour aurait dû descendre sous les 10 ans de prison, soit la peine maximale encourue. Le crime de torture pouvait être puni d'une peine jusqu'à 15 ans, mais uniquement selon certains critères que la cour d'assises devait faire valoir, ce qu'elle n'a pas fait.

Les débats qui se sont déroulés à Namur durant toute la semaine ne portaient que sur la peine.

Une série d'experts psychologiques, psychiatriques, mais aussi des témoins de moralité des victimes et de l'accusé se sont succédé à la barre. Le jury - majoritairement féminin - a estimé que des circonstances atténuantes devaient être retenues. Le jeune âge de l'accusé, ses traits de personnalité, peu consistante, décrits par l'ensemble de ses proches ainsi que son immaturité ont été être pris en compte.

L'avocat général avait requis une peine de 12 ans justifiée par la présence de deux crimes de tortures, l'un sur Fanny Colmant, l'autre sur David Dubois.

De son côté, la défense avait balayé cette argumentation et relevé dix circonstances atténuantes. Me Mayence avait plaidé la peine maximale permettant à son client d'obtenir des conditions probatoires, à savoir cinq ans de prison.

Valentin Devriese ne connaissait que très peu la famille Mahieu, mais était amoureux de Laly Decot, a souligné la défense. L'avocat a aussi rappelé qu'il n'avait participé ni aux coups ni à la mise à mort, encore moins à l'épisode du canal, des faits actés par l'arrêt de culpabilité.

Le jury a suivi la défense. Valentin Devriese est condamné à cinq ans de prison avec sursis probatoire en ce qui excède la détention préventive subie.

Me Mayence estimait la peine requise "démesurée".

"C'est une peine conséquente et je vous invite à être digne de cette décision", a indiqué le président à l'accusé en guise de conclusion.