Mons

Beaucoup de commerçants montois se plaignent de la concurrence.

Ce n’est pas un scoop, les petits commerçants du centre-ville de Mons souffrent de plus en plus. Les enseignes ferment les unes après les autres. La braderie du Doudou, qui attire des milliers de personnes, est donc vue chaque année comme une vraie bouffée d’air frais. Au point de parfois être le meilleur jour de vente de l’année. Du moins, c’était le cas par le passé.

À l’heure où les politiques affirment vouloir sauver le commerce local, ces indépendants semblent encore négligés. La faute à une concurrence presque déloyale amenée par les nombreux marchands ambulants qui sont désormais plus nombreux que les locaux. « La braderie était faite pour les commerçants au départ », peste la gérante d’une boutique de vêtements de la rue des Capucins. « Les ambulants viennent de France, de Bruxelles ou d’ailleurs une fois sur l’année et cassent les prix. Même si ça amène du monde, les gens vont davantage se diriger vers les commerçants ambulants. »

Les indépendants montois doivent donc s’adapter. En proposant par exemple des produits de qualité. Mais pas uniquement. « J’ai dû me fournir de quelques pièces moins chères exprès pour la braderie », explique une autre commerçante. « Exemple : un blazer à 18 euros au lieu de 30 euros mais de qualité moindre. Il faut répondre à la concurrence des ambulants même si je privilégie les vêtements de qualité. »

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Le phénomène de concurrence s’installe aussi vis-à-vis des grandes enseignes du piétonnier. « Ils soldent leurs prix dès le vendredi et le samedi. Ils confondent soldes et braderie. Et contrairement à eux, nous ne pouvons pas avoir de devanture avant le lundi », regrette la propriétaire du magasin Le Point, à la rue des Capucins.

Dans la rue des Capucins comme dans la rue d’Havré, beaucoup de boutiques ont disparu. Les ambulants s’emparent donc des façades disponibles. « Il y a tellement peu de commerçants locaux qui sont encore là que ce n’est pas plus mal qu’il y ait des ambulants. Sans eux, il y aurait des trous partout et ça serait vraiment lugubre », sourit la gérante d’un magasin de chaussures de la rue d’Havré.

Cette même rue où le nombre d’ambulants a tout de même diminué à cause d’une réglementation stricte. « Avant, le trottoir était rempli. C’est parce qu’on ne peut plus s’installer comme on le voudrait. De notre côté de la rue, on ne peut déborder que d’un mètre sur le trottoir. Dans tous les cas, c’est donc négatif pour nous parce qu’il y a moins de passage ici », assure le propriétaire d’un magasin de vêtements de ville.