Mons À l’approche du CEB, plusieurs enseignants du primaire manquent toujours à l’appel

La section primaire de l’école internationale du SHAPE a terminé la semaine avec près la moitié de ses effectifs absents. Une dizaine d’enseignants sont en congé maladie depuis le jeudi 24 mai. Pourquoi ? "Il est très possible que les congés de maladie soient liés au retour de la préfète, suite à une charge psychosociale insupportable", explique Philippe Jonas, secrétaire régional CGSP-Enseignement.

Ces enseignants se disent "malades" rien qu’à croiser la préfète dans les couloirs. "L’ambiance est très négative. Certains travaillent ensemble depuis des années et ne se parlent plus", ajoute Philippe Jonas.

La préfète, via son avocat Me Bourtenbourg, tempère ces propos : "Dans la section primaire, elle n’est pas en contact direct sur le plan pédagogique et relationnel avec les enseignants parce qu’il y a une directrice pour la section primaire. Les enseignants ont trouvé que sa présence était insupportable alors qu’elle ne s’en occupait pas directement."

À deux semaines du début des examens du CEB, l’école se mobilise donc pour encadrer les élèves. "Les enfants n’ont pas à être pris en otage", poursuit Me Bourtembourg. "Il y aurait franchement moyen de trouver des solutions pour cohabiter avec elle. Au lieu de ça, on abandonne les enfants. En plus, ces enseignants prennent congé maladie parce qu’ils n’ont pas le courage de vraiment faire grève puisqu’ils ne seraient pas payés."

Des intérimaires sont recherchés pour les instituteurs absents de plus de cinq jours. "Mais la Fédération Wallonie-Bruxelles fait bien exprès de ne trouver aucun instituteur remplaçant" , assure l’avocat. "C’est ahurissant. C’est grâce à la solidarité des professeurs du secondaire et de certains parents que l’école tourne quand même suffisamment."

Philippe Jonas précise toutefois : "En tout état de cause, les enseignants ne souhaitent pas mettre en péril le bon déroulement de la fin de l’année scolaire des élèves."

Depuis plusieurs mois, la préfète est la cible de protestation d’une partie du personnel et des parents d’élèves. Elle avait ensuite été sous le coup d’une mission d’investigation puis d’enquête de la part de la ministre de l’Éducation Marie-Martine Schyns (CDH). Finalement, elle avait été suspendue provisoirement début mai jusqu’à ce que le Conseil d’État, saisi en extrême urgence, ne casse cette décision.


Le préfet coordinateur expulsé par la police militaire

La police a dû intervenir pour le raccompagner jusqu’à sa voiture

Depuis l’ouverture de la mission d’investigation en janvier 2018 par le cabinet de la ministre Marie-Martine Schyns (CDH), un préfet coordinateur est chargé de surveiller la préfète de l’école du SHAPE. S’en sont suivies une mission d’enquête officielle puis une suspension provisoire de la préfète. Non pas pour la sanctionner directement mais pour faciliter l’enquête administrative déjà ouverte à son encontre.

Mercredi dernier, la préfète faisait son retour à l’école du SHAPE. "Le Conseil d’État a tranché parce qu’il a jugé que sa suspension n’était pas fondée", explique Me Bourtembourg, l’avocat de la préfète.

Mais le jour de son retour, le préfet coordinateur était présent au sein de l’établissement. "Il a débarqué dans son bureau en exigeant des pièces qu’elle n’avait pas", poursuit l’avocat.

L’échange a ensuite dégénéré. "La police judiciaire fédérale du SHAPE a dû le raccompagner jusqu’à sa voiture. Il y a une plainte pour harcèlement qui a été déposée contre lui et ce n’est pas une fausse plainte. Elle est prise très au sérieux par les autorités judiciaires. Je n’avais jamais vu un contexte pareil. Il avait pris complètement position contre elle", termine l’avocat. "C’est du jamais-vu", estime Philippe Jonas, secrétaire régional CGSP-Enseignement. "Les relations entre la préfète et la hiérarchie sont complètement détériorées."

Un nouveau préfet coordinateur doit désormais être désigné. C’est le précédent qui avait prôné la suspension provisoire de la préfète.