Mons

Plusieurs témoignages critiquent l'intervention de vendredi soir au Marché aux Herbes

La fête a dégénéré vendredi soir à Mons après la victoire des Diables Rouges. Des émeutes ont éclaté sur la place du Marché aux Herbes. La police a dû faire évacuer les lieux, procédant à une trentaine d'arrestations administratives.

Mais plusieurs témoins critiquent les méthodes employées. "C'est quand les policiers ont sorti les lacrymogènes que ça a dégénéré", pointe un Montois présent sur place vendredi soir. "Ils se sont pris des bouteilles de verre. Puis les renforts sont arrivés et ils ont chargé. Ils n'ont rien voulu comprendre, pas moyen de discuter avec eux. Ils faisaient leur boulot, mais si c'était une mamy de 85 ans, ils chargeaient sans hésitation."

Heureusement, pas de mamy de 85 ans au Marché aux Herbes vendredi soir. Mais un conseiller communal de Colfontaine qui n'a pas compris ce qui lui arrivait et qui rapporte sa mésaventure sur les réseaux sociaux. Lionel Pistone raconte qu'il dansait avec des amis à l'intérieur d'un café quand la police leur a demandé de sortir. Le Colfontainois s'est exécuté, mais en sortant, il s'est fait gazer. Yeux qui piquent, gorge qui brûle, Lionel Pistone obéit encore aux injonctions quand les policiers, boucliers et matraques à la main, font reculer la foule. Arrivé dans une rue perpendiculaire, le conseiller communal se met sur le côté pour laisser passer la police et rejoindre sa voiture qui était stationnée de l'autre côté. Lionel Pistone s'est alors fait plaquer au sol et menotté avec des colsons.

"Ni une ni deux, ils m’ont attrapé et jeté par terre, m’ont battu, piétiné et maintenu les mains avec des colsons. Mes lunettes se sont même cassées par la violence du geste", regrette Lionel Pistone. "J’ai des bleus sur tout le corps, c’est horrible. Je crève de mal."

Le Colfontainois passera la nuit dans une cellule avec 10 autres personnes. "Des étudiants, un infirmier, un informaticien et même un médecin. Ce ne sont pas des gens comme ça qui auraient déclenché une émeute", poursuit Lionel Pistone. Pas possible d'aller aux toilettes ou d'avoir une couverture. Relâché le lendemain en fin de matinée, le conseiller communal devait signer un papier indiquant qu'il était ivre et très énervé. "Ce n'était absolument pas le cas", assure Lionel Pistone.

La police de Mons y est-elle allée trop fort vendredi soir ? Le chef de zone s'en défend. "Une chose est sûre, quand nous décidons de faire évacuer le marché à cause de troubles, c'est une opération de sécurité publique qui ne laisse plus de place au dialogue", explique Marc Garin. "C'est une situation exceptionnelle avec des mesures exceptionnelles. C'était nécessaire. L'analyse des images de surveillance l'a confirmé. À partir de ces images également, rien ne permet d'affirmer que l'opération s'est menée en dehors des règles légales. C'est mon rôle de scanner tout le déroulement et de vérifier qu'il n'y a pas eu d'abus. De même, pour les personnes qui ont été ramenées au commissariat, je vérifierai début de semaine que tout a été fait correctement."