Mons

L’ex-président du chapter de Mons des No Surrender plonge pour 12 ans, soit 2 ans de prison de plus qu'au premier procès

L’arrêt rendu mardi par la cour d’appel de Mons sur les deux bandes de motards rivales, Hell’s Angels et No Surrender, voit le sort des 14 prévenus s’alourdir.

Et pour cause, contrairement au premier jugement, la cour estime que ces deux bandes de motards sont des associations internationales de malfaiteurs, pas des organisations criminelles. Car “si ces clubs n’ont pas été créés pour commettre des crimes et des délits, ils ont évolué à tel point qu’ils peuvent en commettre dans des moments propices. Le type de faits commis (tentative de meurtre, torture, menaces) peut considérer que le but de l’association est, à tout le moins, la commission de crimes.”

La cour a relevé divers éléments : les coups portés qui “démontrent qu’ils ont été infligés en représailles à l’égard d’un membre qui voulait quitter le club”, les drogues “qui témoignent que les agissements dépassent le chapter de Mons”, et les armes “qui démontrent la dangerosité potentielle d’un comportement et leur capacité à agir”.

Par ailleurs, la cour a pointé cette omertà, ciment du règlement interne aux No Surrender et aux Hells Angels. “Leur refus de collaborer avec la police ne fait que justifier l’existence d’une association. De même que la prudence dont les membres doivent faire preuve, ils ne peuvent par exemple parler du club par téléphone. Chacun des prévenus a adhéré à ces clubs en connaissance de cause, les écoutes réalisées à l’intérieur même des chapter mais aussi à la prison sont éloquentes.”

Qui en sont les leaders à Mons ? Trois, selon la cour. Deux No Surrender, Fabrice et Olivier sont coupables d’être les chefs de la bande à Mons et en France. Gauthier des Hells de Mons est reconnu comme le président effectif, même si aujourd’hui il affirme avoir raccroché son blouson.

Au niveau des peines, la cour s’est montrée plus sévère. Fabrice, l’ex-Hells qui a fondé le chapter du Hainaut des No Surrender, a écopé de la plus lourde peine à savoir 12 ans de prison (contre 10 ans au premier round). Son fils Luigi, président actif des No Surrender à l’époque, écope de cinq ans avec sursis probatoire de cinq ans. Mohammed, le fugitif capturé en Espagne, par défaut, conserve sa peine ferme de dix ans.

Statu-quo pour Olivier et Théo, venus prêter main-forte aux “frères” belges, condamnés à 3 et 6 ans de prison. Patrick, qui stockait des armes, prend un an de plus soit 7 ans ferme. Les quatre No Surrender ont écopé de peines d’un à deux ans, avec sursis. Du côté des trois Hells, la cour a confirmé les peines du premier jugement, toutes sont assorties de sursis.