Mons

Le bourgmestre sortant n'a jamais voulu raccrocher. Il l'a confirmé par une annonce-surprise jeudi soir.

Ce qui se chuchotait officieusement en coulisse a été confirmé hier de manière officielle. Sur le plateau de la RTBF, Elio Di Rupo a annoncé qu'il serait tête de liste dans le Hainaut pour le PS aux élections fédérales de mai 2019.

Il y a quelques mois pourtant, le bourgmestre sortant de Mons passait la main à Nicolas Martin et poussait la liste socialiste dans sa commune. Son avenir était même évoqué à l'Europe. Mais ce n'était manifestement pas le premier choix de l'homme au nœud papillon. D'après nos informations, Elio Di Rupo aurait bien reproduit le scénario de la précédente mandature, proposant à Nicolas Martin un rôle de bourgmestre faisant fonction. Fort du soutien de sa fédération, ce dernier a refusé de jouer les roues de secours pour décrocher l'écharpe mayorale, en bonne et due forme.

Elio Di Rupo aurait alors pu couler une fin de carrière relativement paisible au parlement européen, à l'image d'un Louis Michel. C'était oublier que le Montois est accro au pouvoir. Elio Di Rupo détient toujours les clés du PS et se positionne pour un retour à la rue de la Loi.

Possible ? Après la crise des 541 jours sans gouvernement, le socialiste avait pris les rênes du fédéral. Auréolé de son statut de sauveur, Elio Di Rupo n'aura toutefois pas pu remettre le couvert, la N-VA étant passée par là. Les nationalistes flamands étaient incontournables au nord du pays. Côté wallon, tous les partis s'étaient jurés de ne pas négocier avec Bart De Wever. Il aura fallu que le MR ravale ses promesses pour constituer une alliance inédite au fédéral, renvoyant le PS et son président dans les rangs de l'opposition.

Mais 2019 s'annonce sous d'autres auspices. Le MR pourrait perdre des plumes pour sa participation à un gouvernement fédéral de plus en plus décrié. De son côté, Elio Di Rupo, déjà en campagne, annonce vouloir former une majorité la plus à gauche possible. Reste à voir quelles alliances seront possibles après le passage aux urnes. Au nord du pays en tout cas, pas sûr que Bart De Wever pratique à nouveau le chantage communautaire pour bloquer la route aux socialistes. À Anvers en effet, le président de la N-VA négocie une alliance avec le sp.a. De quoi ouvrir la voie à un chant du cygne pour le bourgmestre sortant de Mons ?