Mons

Les riverains de la rue du Peuple n'en peuvent plus, ils réclament des solutions

Les riverains de la rue du Peuple, à Eugies, sont excédés. Depuis de nombreuses années, des bus des TEC circulent dans la rue à grande vitesse pour rejoindre le dépôt, provoquant leur lot de nuisances : nuisances sonores, vibrations, insécurité,… Certains riverains ont même dû constater l’apparition de fissures dans les murs de leur habitation.

Des pétitions ont été lancées mais jusqu’ici, elles étaient restées vaines. Certains citoyens se sont donc à nouveau tournés vers les autorités communales et ont, cette fois, trouvé une oreille attentive. “J’ai rencontré Didier Draux à deux reprises et très rapidement, il a pris les choses en main”, insistent Pierre et Elke. “La semaine dernière, nous l’avons vu dans le quartier, accompagné par deux agents de police.”

Une réactivité appréciée alors que les plaintes se multiplient. “Les bus passent à toute allure et provoquent d’importantes vibrations. Au départ, nous pensions que c’était lié à notre maison car il s’agit d’une ossature bois. Mais personne n’est épargné. C’est réellement pénible. Il arrive que nous soyons même réveillés par ces vibrations.”

Dans la rue, les riverains sont unanimes : la vitesse est excessive et la voirie n’est pas adaptée pour supporter un tel charroi. Sur la toile également, la mobilisation s’organise pour que des solutions soient dégagées. “J’en ai marre des plafonds qui se fissurent, des murs qui tremblent !”, “Si rien ne change, nos maisons s’écrouleront un jour. Toute notre maison tremble à chaque passage de bus, la vaisselle tremble dans les meubles. Sans compter les fissures dans les murs qui doivent être réparées”, peut-on lire.

“Des casses vitesses ont été installés au début de la rue mais ils ne font pas ralentir les bus. Les riverains n’osent plus stationner leurs voitures sur la chaussée de peur qu’elles ne soient embouties et stationnent donc sur les trottoirs… Les chauffeurs ont alors un véritable boulevard pour circuler”, ajoutent encore Pierre et Elke. “C’est un tort de notre part car les voitures créeraient des chicanes naturelles mais c’est tout de même risqué.” Aujourd’hui, les riverains attendent beaucoup de leur bourgmestre et espèrent des mesures drastiques pour que les tremblements cessent.

Didier Draux, bourgmestre f.f.

“J’ai reçu de nombreuses plaintes concernant le passage de bus dans cette rue et le non-respect des limitations de vitesse. Le revêtement n’est pas adapté à un tel charroi car il s’agit de grandes plaques de béton. Les vibrations sont importantes alors qu’à ma connaissance, les bus ne sont pas censés circuler dans cette rue. J’ai contacté le TEC et une réunion de concertation est prévue ce 17 avril pour discuter de la situation. Une mesure de circulation a déjà été arrêtée pour que la vitesse soit limitée à 30 km/h pour les véhicules de plus de 3,5 tonnes et je vais voir dans quelle mesure nous pouvons carrément interdire leur circulation. Les bus n’ont rien à faire dans cette rue.”

TEC : “Le dépôt existe depuis un siècle”

Fin de semaine, les riverains de la rue du Peuple étaient informés des démarches entreprises par l’administration communale et de la réponse adressée par le TEC. Dans ce dernier courrier, le TEC précise qu’un “avis de prudence a été affiché en salle de garde afin de sensibiliser les agents qui empruntent cette rue pour rejoindre le dépôt d’Eugies.” Les citoyens qui constateraient que cette consigne n’est pas respectée sont invités “à prendre note des dates et heures des faits ainsi que du numéro de bus afin que l’agent concerné puisse être interpellé.” Un numéro de téléphone leur a ainsi été communiqué.

Nous utilisons les voiries nécessaires à notre activité et prenons toutes les dispositions pour faire respecter les limitations de vitesse et répondre, dans la mesure du possible, aux demandes des riverains”, précisait encore, ce vendredi, Audrey Lepape, porte-parole de TEC Hainaut. “Nous participerons à la réunion de ce mardi et verrons ce qui en découle. Mais il faut savoir que le dépôt d’Eugies existe depuis un siècle, les transports en commun depuis plus longtemps encore. Les bus ont toujours circulé dans cette zone. Nous disposons aujourd’hui d’un terrain à Frameries pour construire un nouveau dépôt, plus excentré, mais nous n’avons pas encore eu les moyens de financement nécessaire à la concrétisation de ce projet.” Toujours selon TEC Hainaut, la rue du Peuple doit être empruntée par les chauffeurs pour rejoindre le dépôt.