Mons Déployés sur le site de l’explosion, les agents ont pu rapidement commencer les recherches

Quatre mois, c’est le temps d’activité qu’il reste aux agents de la protection civile de Ghlin. Au 1 er janvier 2019, la réforme de la protection civile entrera en vigueur. Ni les coups de gueule, ni les excès de voix à la chambre des représentants, ni les manifestations, ni les boycotts, ni les appels à l’aide de ce corps d’élite n’ont été entendus.

Ce week-end, leur présence s’est une fois de plus avérée indispensable sur le terrain. C’était à Jurbise. Samedi vers 16 h 20. Deux maisons étaient soufflées faisant huit victimes, un mort et sept blessés. Même la députée-bourgmestre libérale Jacqueline Galant, frappée par l’incident qui a secoué ses concitoyens, le reconnaît : "Sans la protection civile, les recherches n’auraient pas été réalisées aussi rapidement !"

Dès que le plan communal d’urgence a été déclenché, tous les services de secours ont été déployés pour tenter de venir en aide à la population. En première ligne, les pompiers de la zone Hainaut-Centre, les policiers de Sylle et Dendre, le personnel communal et les équipes de la protection civile. La caserne est d’ailleurs située à un jet de pierre des lieux de l’explosion. Une fois la situation sous contrôle, ce sont ces agents qui ont tenté de retrouver de potentielles victimes sous les décombres.

Vu le manque de stabilité, ils devaient travailler avec minutie. Des chiens et des détecteurs de bruit ont été utilisés. Les pompiers étaient aussi sur place pour prêter main-forte. Le corps, sans vie, de Dominique, locataire de la maison principale soufflée, a finalement été découvert dans la nuit de samedi à dimanche.

"Rechercher des victimes prend du temps. Ils n’ont pu commencer qu’une fois que la situation était sous contrôle. S’ils avaient été à Crisnée, rien ne se serait passé avant quatre heures, regrette Jacqueline Galant. Même si cette réforme est quasi-bouclée, il faut absolument que les pompiers aient tous les outils dont dispose actuellement la protection civile. Nous sommes encore dans une période assez floue. Aujourd’hui, les pompiers ne sont pas formés à toutes les missions spécifiques remplies par la protection civile."

Ce week-end, l’heure n’était pas à la polémique. Reste "qu’il faut souligner qu’ils ont réalisé un travail exceptionnel et que nous avons vraiment besoin de la protection civile en Hainaut. Nous avons beaucoup d’usines Seveso aussi. En cas de catastrophe, si les pompiers ne sont pas équipés en suffisance ni assez formés, ce sera terrible... Cette réforme me fait peur même si la protection civile devait évoluer."

Quid du recours au conseil d'Etat?

Même si certaines villes comme Mons ont déposé un recours au Conseil d’État, l’arrêt n’est pas encore tombé. Le sera-t-il avant l’entrée en vigueur de la réforme ? C’est la grande inconnue. Il nous revient cependant que les autorités communales montoises ne sont pas très optimistes quant à l’issue favorable de ce recours.

La situation stagne aussi du côté des zones de secours. Qui va reprendre quoi, quand, comment et à quel prix ? Là aussi demeurent de nombreuses inconnues alors que le compte à rebours se fait de plus en plus pressant.