Mons

La caserne de Ghlin, comme les autres, a boycotté les festivités

La Protection civile n'a pas fait marche arrière, ce samedi, jour de fête nationale. Les équipes de la caserne de Ghlin, comme celles des autres casernes du pays, ne se sont pas rendues à Bruxelles. Pas question pour ces agents de participer aux nombreuses démonstrations, encore moins au traditionnel défilé militaire et civil dans la Capitale. C'est une première pour ce corps d'élite et un véritable boycott, qui fait suite à une réforme qui reste en travers de la gorge.

Le personnel "ne veut pas se rendre complice d'une mascarade orchestrée par le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (le N-VA)", indiquaient en front commun, la CSC et la CGSP. "Quand on méprise autant le personnel, on n’a pas envie d’aller faire la fête," ajoutait aussi la commandante Joëlle Brouillard à Ghlin. Après avoir décidé de ne pas participer à la "Fête au Parc" de ce samedi, qui leur permet de présenter leur travail et leurs missions au public, les agents ont donc franchi un nouveau cap.

"Mépris et cynisme", c'est ce que les agents de la Protection civile ressentent depuis les déclarations du ministre de l'Intérieur et de leur direction générale quant à cette réforme. Ces agents sont près de 120 à Ghlin et ne savent toujours pas à quelle sauce ils vont être mangés au 1er janvier 2019, dans cinq mois. Ce samedi donc, le personnel de garde a bien pris son poste à la caserne "pour être au plus proche de la population" mais a décidé de s'en tenir à cela.

Quelques drapeaux des affiliés et des agents étaient présents mais quelque peu dépités d'une telle situation. Les véhicules étaient aussi de sortie et stationnés à l'entrée de la caserne. Comme à son habitude, le drapeau belge flottait dans les airs.

En boycottant de la sorte les festivités du 21 juillet, la Protection civile a frappé fort. Elle reste néanmoins particulièrement attachée à la Belgique et rappelle les nombreuses fois où le pays a eu besoin d'elle. Citons par exemple: la catastrophe de Ghislenghien, le travail de recherche dans l'affaire de Julie et Mélissa et plus récemment, les attentats de Malbeeck qui ont mobilisé une grande majorité de l'équipe hennuyère.

La nouvelle campagne de la Défense qui entend promouvoir le "respect du passé et la confiance en l'avenir" sonne bien différemment au sein des casernes de Protection civile. Ces agents scanderaient plutôt : "Félicités hier, remerciés demain". De fait, sur les 450 agents de ce corps d'élite, seulement 300 resteraient dans deux casernes (Crisnée et Brasschaat), plus dans six et donc plus celle de Ghlin en Hainaut.