Mons

"On se fout de nous", dénoncé la commandante de la caserne de Ghlin

Les derniers jours ont été difficiles pour les services de secours en Hainaut. En première ligne, les pompiers de la zone Hainaut-Centre bien sûr mais aussi la Protection Civile qui a couru aux quatre coins de la Wallonie, surtout à Mons mais aussi à Dour, Seneffe et à Charleroi. Vu les festivités du Doudou, la plupart des ouvriers communaux montois étaient aussi chargés de faire place neuve. Bon nombre d'habitations et de voiries ont été presque coupées du monde, laissant les citoyens souvent très démunis face à ces inondations.

Rien que sur Saint-Symphorien, ce ne sont pas moins de 900 m3 soit 90 camions de la protection civile qui ont été gorgés des eaux diluviennes. Les agents de la protection civile, frappés par la réforme controversée du gouvernement MR/NVA, étaient pourtant bien sur le terrain, à bout mais au poste !

Précisons que sans le déclenchement d'un plan communal d'urgence, gérer ce déluge n'est pas leur mission première. De l'aide, de l'assistance et des secours, ils en ont porté ces derniers jours au départ de la caserne de Ghlin. "La zone de secours nous a sollicité pour aller sur le très gros pompages et un étançonnement à Ronquières", confirme Joëlle Brouillard, la commandante de la caserne de Ghlin. "Nuit et jour, ça n'a pas arrêté."

Que feront les pompiers Hennuyers lorsque la caserne de la protection civile, de près de 120 agents, ne répondra plus à l'appel? "Les arrêtés pour que les agents opérationnels aillent dans les zones de secours sont toujours en discussion. Mais la situation est révoltante", grogne toujours la commandante. "On se fout de nous ! Encore hier lors d'une concertation sur le temps de travail, rien ne peut être négocié. Même le médiateur présent était sceptique sur les bases juridiques."

Nouvel examen soumis à un pourcentage de sélection, micmacs sur le temps de travail, mesures d'accompagnement primaires, aucune transition, ... Même les passerelles entre les deux services (protection civile et zone de secours) sont loin d'être au point. Dans sept mois, la caserne de Ghlin devrait, selon le plan du gouvernement, être fermée et désertée.

"Les conditions proposées pour aller vers les zones de secours sont tout simplement imbuvables ! Même les pompiers le disent ... Je pressens de plus en plus que tout est fait pour que les agents partent d'eux-mêmes, tellement dégoutés par cette nouvelle protection civile. Mais en se fichant de nous, le gouvernement se fiche de la population," conclut la commandante. 

Prochain rendez-vous avec les autorités le 13 juin.