Mons La première audience s’est tenue à Mons sur le scandale de la pollution au PCB

Ce sont les prémisses d’un procès-fleuve qui se dessinent. Mardi dernier s’est tenue au tribunal correctionnel de Mons la première audience sur le scandale de pollution au PCB qui avait éclaté à Hennuyères.

Les faits remontent maintenant à dix ans. Au travers d’un contrôle de lait auprès d’un éleveur brainois, l’AFSCA découvre des teneurs en PCB anormalement élevées. Ces substances chimiques proches de la dioxine étaient utilisées jusque dans les années 80 pour leurs propriétés d’isolation. Des analyses sont effectuées dans un étang voisin de l’exploitation : les poissons y présentent également une contamination au PCB avec des taux dépassant de 5.000 fois les normes autorisées.

L’enquête sur ce scandale toxique remonte jusqu’au zoning voisin des Tuileries. Pour l’éleveur, les conséquences sont dramatiques. Il doit faire abattre les 200 têtes de son cheptel. Sur ordre du gouvernement wallon, la Spaque procède ensuite à des analyses. Analyses répétées en 2015 qui montraient encore des dépassements de normes. De leur côté, les autorités communales avaient mis en place une plateforme PCB pour suivre au plus près l’évolution du dossier.

Un dossier qui s’apprête à connaître enfin son issue juridique, près de dix ans après les faits. L’agriculteur, contraint d’abattre ses 200 bêtes, attend réparation. La Ville de Braine pourrait également obtenir quelques dédommagements.

Si une première audition s’est tenue au tribunal correctionnel de Mons mardi dernier, l’épilogue de ce qui s’annonce déjà comme une saga judiciaire risque fort de se faire attendre. Car, entre celui qui a transporté les produits toxiques, celui qui les a entreposés ou encore celui qui était propriétaire du terrain où était stocké l’objet du délit, les responsabilités sont multiples. Interpellé sur cette affaire par le conseiller d’opposition Yves Guévar (IC), le directeur général a répété qu’il ne souhaiterait pas être à la place du juge chargé de trancher. Le verdict ne devrait pas tomber avant la fin de l’année.