Mons Jean-Marc Dupont l’avait promis : il redevient bourgmestre à plein temps.

Le choix des électeurs est sans appel. Au soir du scrutin d’octobre dernier, le PS de Frameries restait la première force politique mais cédait trois sièges et perdait dans la foulée sa majorité absolue. Quelques jours plus tard, les socialistes engageaient les discussions et annonçaient une poursuite de la collaboration avec le MR.

Quel bilan tirez-vous de ces résultats ?

"C’est une déception car nous avions réalisé un excellent résultat en 2012. Nous nous attendions à un recul mais pas à perdre notre majorité absolue. Nous perdons nos trois sièges au profit du PTB. Nous avons beaucoup travaillé et nous espérions que ce serait reconnu par la population. Nous regrettons aussi de n’avoir jamais vraiment eu l’occasion d’aborder les questions de fond lors de cette campagne."

En poursuivant avec le MR, avez-vous l’impression de respecter le choix des électeurs ?

"Je pense que lorsque les électeurs se rendent aux urnes, ils ne pensent pas en termes de coalition. Malgré notre recul, le PS reste la force principale. Je peux imaginer que dans la population, certains ne sont pas satisfaits de cette coalition alors que d’autres nous soutiennent. Nous avons estimé que Be Frameries, de par sa composition, n’était pas fiable. Les discussions avec le PTB n’étaient quant à elles pas possibles puisqu’ils ont d’emblée annoncé qu’ils ne souhaitaient pas entrer dans une majorité."

Vous allez redevenir bourgmestre à plein temps et donc abandonner la fonction de député, que vous occupiez depuis 2014…

"Effectivement. Il n’y a pas de surprise puisque je l’avais annoncé. C’est un déchirement pour moi de quitter le Parlement. Mais je ne pouvais pas imaginer poursuivre mon engagement politique sans pouvoir le faire au niveau communal."

Quelles expériences retirez-vous de votre fonction de député ?

"J’ai assisté et pris part à une haute qualité d’échanges et de débats politiques au Parlement. Sur le plan personnel, j’ai pu appréhender des matières que je ne connaissais pas très bien, j’ai appris énormément. J’en ressors plus riche et je pense que tout cela pourra être utilisé au service des citoyens."

Quels sont les projets à mener au niveau communal ?

"Nous allons mettre la priorité sur la lutte contre les incivilités environnementales et routières via un plan global de lutte. En termes de mobilité, nous souhaitons également agir parce que de par sa configuration et sa situation géographique, Frameries est régulièrement embouteillée. Nous allons lancer une nouvelle étude de mobilité avec pour objectif de fluidifier le trafic. Nous poursuivrons le développement économique et territorial de la commune, avec la création de quelque 400 logements sur la Zac Piérart. Nous allons aussi augmenter notre dotation vers le CPAS afin de lutter contre la dégradation des conditions sociales de nos citoyens. Enfin, un échevinat de la Transition écologique sera créé. Julien Donfut (également président du CPAS, NdlR) en héritera. Il ne s’agira pas d’un gadget parce que c’est à la mode : les représentants politiques et administratifs, des acteurs privés et institutionnels et des citoyens seront sollicités. Des moyens seront dégagés pour proposer, à court terme, un programme d’actions."


FRAMERIES Pour se consacrer pleinement à sa fonction de bourgmestre, Jean-Marc Dupont quitte le Parlement wallon. Actif depuis 2014, il peut prétendre à une indemnité de sortie pouvant s’élever à près de 95 510 euros. Dans un climat anti-politique ambiant, assumer cette indemnité n’est pas chose aisée. "Il ne s’agit pas d’un parachute doré mais bien d’indemnités mensuelles brutes. Je suis conscient qu’elles sont importantes et que cela puisse éveiller des sentiments particuliers chez les citoyens, concède le bourgmestre réélu. Mais le régime nous octroie ces indemnités et je vais les accepter. Parce que je serai bourgmestre à temps plein et que contrairement à d’autres, je n’aurai aucune activité professionnelle sur le côté. Soyons clairs, la fonction de bourgmestre est bien rémunérée. Mais c’est aussi une fonction instable : en cas de non-réélection, nous perdons tout. C’est aussi une fonction qui nécessite énormément d’implication, je mets ma vie de famille entre parenthèses pour assumer mes responsabilités." Ce mandat sera d’ailleurs le dernier pour Jean-Marc Dupont.

Emeline Berlier