Mons Deux prévenus, dont un policier, sont poursuivis pour des faits d’extorsion.

Deux dossiers d’extorsion devaient animer les débats, ce jeudi, devant le tribunal correctionnel de Mons. Si au fond l’affaire n’a pas été étudiée, elle a bien suscité le débat. Un incident d’audience a frappé le planning. De fait, le ministère public a annoncé sa volonté de joindre les deux dossiers à charge d’au moins un des deux prévenus qui comparaissent dans cette affaire. Sauf que les avocats des deux prévenus n’ont pas pris connaissance des éléments présents dans l’un et l’autre dossier.

Du coup, au nom du droit de la défense, un report était sollicité auprès du tribunal. Report contesté par le substitut Moinil, provoquant ainsi l’incident. Au final, après une heure de pourparlers, il a été décidé qu’un jugement de "jonction" des deux dossiers serait prononcé début février avec mise en date relais pour assurer la suite des débats au fond.

Hormis des arguments de procédure, rien n’a donc été débattu. Mais selon nos informations, cette affaire est loin d’être anodine. Déjà car elle concerne notamment un policier qui comparaît en tant que prévenu. Ensuite parce que ce dossier d’extorsion fait référence à un scandale de placements frauduleux réalisés par la société Get Easy en 2015 partout dans le monde. Une arnaque qui a fait plus de 300.000 victimes ! Et c’est en utilisant la pyramide de Ponzi que cette escroquerie à grande échelle a pu être mise en place.

Le système est archiconnu mais assez simple. Une société fait miroiter des gains alléchants (et souvent très élevés), mais au final ses "clients" se font complètement gruger. Ils donnent de l’argent à la société qui les invite à "parrainer" et à faire de la pub auprès de proches. D’autres investissements sont réalisés, les gains sont réinvestis jusqu’à ce que ladite société prenne la poudre d’escampette avec l’argent de ses clients. Le plus célèbre à avoir pratiqué de la sorte est Bernard Madoff qui a probablement créé la plus grosse pyramide de Ponzi de l’histoire. Il a d’ailleurs été condamné à 120 ans de prison en 2009.

Dans le cas de l’affaire portée en première instance à Mons, il ne s’agit pas des meneurs de cette pyramide mais plutôt de certains de ses clients, qui en jouant les intermédiaires financiers ont perdu plusieurs milliers d’euros et tenté, par des moyens hasardeux, de récupérer leurs euros.