Mons Le principal prévenu risque quatorze ans de prison pour deux viols, des car-jackings et des vols avec violence

Vols simples, vols avec violence, car-jackings, coups et blessures... sont autant de préventions retenues contre trois détenus qui comparaissaient ce lundi devant le tribunal correctionnel de Mons. L’un d’entre eux doit aussi répondre de deux viols commis sur deux femmes à Mons et La Louvière. La violence, sous toutes ses formes, était centrale dans cette affaire.

Âgés d’une trentaine d’années, les trois prévenus sont de nationalité tunisienne, seul un avait un semblant de vie de famille en Belgique, du côté de La Louvière. Il s’agit de Marouane, c’est lui qui comparaît pour les faits les plus graves. Il est incarcéré depuis novembre 2015. Il risque quatorze ans de prison (ainsi que sept ans de mise à disposition du tribunal d’application des peines). Dans le dossier vols en série, ses présumés complices risquent de trois à sept ans de prison.

À des degrés divers , une série de faits leur sont ainsi reprochés. Les car-jackings pour lesquels la stratégie est toujours la même. Une jeune femme, Shirley, qui est en fuite au Canada, aguiche un conducteur à une pompe à essence. Elle est accompagnée d’un complice. Puis d’un autre et d’encore un autre qui ensemble lui subtilisent son véhicule.

Reste qu’un soir d’octobre 2015, l’homme qui mettait de l’essence à Saint-Ghislain a été roué de coups. La scène a été filmée. La séquence, d’une extrême violence, a été visionnée au procès. Pour le ministère public, il ne fait aucun doute que cette petite bande de malfrats est à la manœuvre et qu’elle est déjà très active sur le territoire belge. Des traces de leurs méfaits sont relevées à Liège, Namur, Mons, La Louvière, Le Roeulx, etc. Pour ces suspects, il n’y a pas de petits butins : billets de loterie, cigarettes, GSM, télévisions, biens mobiliers, bijoux et voitures sont les objets de convoitise.

Marouane, le principal prévenu, est bien connu en France où il a déjà écopé de cinq condamnations en correctionnelle pour des faits similaires. Son ADN est d’ailleurs répertorié dans la base de données. C’est ce qui permettra aux enquêteurs belges de relier Marouane à deux viols. Durant la nuit du 24 au 25 janvier 2015, en pleine fête d’ouverture de Mons, capitale européenne de la culture, la première victime quitte le Marché aux Herbes. Elle se fait coincer dans un SAS de la rue Lamir. Par deux fois, elle y a été sodomisée. Son agresseur a pris la fuite en embarquant son sac à main.

À La Louvière , c’est au domicile de la seconde victime que le viol (et ensuite le vol de 2.000 euros) est commis. L’alcool et la drogue avaient manifestement pimenté la soirée. Marouane reconnaît y être allé mais rien de plus. "Je devais lui vendre de la cocaïne mais je lui ai vendu du sel, elle n’était pas contente," précise-t-il en niant les préventions qui lui sont reprochées. Il ne reconnaît que quelques vols et réclame son acquittement, au pire du sursis.

"Son activité principale est le vol, tance le substitut Moinil. Il a passé deux ans de sa vie à commettre des vols, avec ou sans violence. Il dit ne pas se souvenir car pour lui, dans sa carrière criminelle, ces faits sont anecdotiques. Sa culpabilité ne fait aucun doute." Jugement début février.

Témoignage glaçant d'une des victimes

Au procès, les deux victimes de viol sont parties civiles. L’une était présente à l’audience de ce lundi. À la demande du président, elle s’est avancée face au tribunal et a formellement identifié Marouane comme étant son violeur. Elle l’avait déjà fait sur un panel de photographies. En larmes, elle lui a fait face pour tenter d’obtenir quelques explications, à tout le moins un certain amendement. Il n’en a rien été, Marouane, tête baissée, a affirmé ne pas l’avoir touchée. Sauf que son ADN a été retrouvé sur les sous-vêtements de ses deux victimes. "Je suis à moitié morte, je fais des cauchemars toutes les nuits, je ne vis plus. Je suis détruite," a-t-elle adressé au prévenu avant de retourner à l’arrière de la salle d’audience.