Mons

A chacun ses ponts ...

Lundi soir, tradition oblige, le conseil communal d’Écaussinnes s’est ouvert par l’approbation du P.-V. de la séance précédente. Mais un peu plus tard dans la soirée, c’est un P.-V. de 1975 qui a été exhumé des archives. Loin de l’approuver, l’assemblée était invitée à autoriser le collège communal à ester en justice pour dénoncer le vieux document. Le P.-V. n’a rien d’un emballage Carambar, mais il recèle malgré tout une histoire bien belge.

Nous parlons d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître et où la fusion des communes n’existait pas encore. À l’époque, Marche-lez-Écaussinnes avait accepté de prendre à sa charge la propriété et la gestion d’un pont ferroviaire situé chaussée de la Résistance. Or, la structure fait partie du territoire de Seneffe. 43 ans plus tard, la commune d’Écaussinnes voudrait rendre le P.-V. lettre morte. Et pour cause, des travaux d’entretien deviennent nécessaires.

"Nous n’allons pas payer pour des travaux sur le territoire de Seneffe, ça me semble assez logique, explique le bourgmestre Xavier Dupont. Et je doute que ma collègue de Seneffe serait prête à payer des chantiers sur notre commune. Notre action en justice vise donc à établir que la commune de Marche-lez-Écaussinnes, à l’époque, n’était pas compétente pour prendre une décision par rapport à un ouvrage d’art qui n’appartenait pas à son territoire."

La balle reviendrait donc dans le camp de Seneffe, où se trouve le pont. La commune voisine de la Cité de l’Amour est prête à reprendre la gestion de l’ouvrage, en toute logique. Mais reste à définir les termes exacts de la gestion. "Il y a deux aspects à l’entretien d’un pont, indique la bourgmestre Bénédicte Poll. D’une part, l’entretien de la structure, qui est assez onéreux. Et d’autre part, l’entretien de la partie superficielle qui comprend notamment la voirie. Nous voulons bien assumer l’entretien de cette partie comme nous le faisons pour d’autres ponts sur notre commune. En revanche, ce n’est pas parce que la commune de Marche-lez-Écaussinnes s’était engagée à assumer l’entretien de la structure que nous devrions aujourd’hui le prendre en charge."

La bourgmestre de Seneffe espère qu’Infrabel assumera les travaux d’entretien de la structure du pont situé chaussée de la Résistance. Des discussions vont être menées entre les trois parties.

Quant à savoir pourquoi, il y a 43 ans de cela, la commune de Marche-lez-Écaussinnes avait accepté de prendre en charge l’entretien intégral d’une structure qui ne se trouve pas sur son territoire… mystère ! Le village traversait peut-être des années fastes. Depuis, il a coulé de l’eau sous les ponts. Espérons pour la majorité actuelle que des P.-V. datant de Mathusalem ne feront pas prochainement apparaître qu’Écaussinnes est responsable de l’entretien du Golden Gate Bridge ou de la Tour de Pise. Qui sait jusqu’où avait porté la générosité des Marchous à l’époque ?