Mons

Les agents devront présenter des examens pour effectuer le même travail qu'aujourd'hui

Les agents de la protection civile de Ghlin ne sont pas au bout de leur peine alors que quatre casernes, dont la leur, devraient être supprimées et le personnel réduit de 30 % à la suite d'une décision du ministre de l'intérieur, Jan Jambon (N-VA). Ce mercredi matin, une nouvelle réunion d'information du personnel était organisée.

« Cette réunion avait pour objectif la présentation du fonctionnement dans l'unité de Crisnée, de voir comment les équipes pourront travailler ensemble en matière de fonctions génériques ou plus spécialistes, et la présentation du service du personnel dans le cadre de la sélection des agents », explique Joëlle Brouillard, commandante.

Pour cette dernière, « cette protection civile 2.0 ne diffère en rien de celle d'aujourd'hui. » « Nous aurons normalement moins de missions. Je ne comprends donc pas pourquoi les agents devraient présenter des examens… Pour effectuer le travail qu'ils effectuent déjà quotidiennement. Il y a un grand point d'interrogation et une réelle inquiétude, d'autant plus que nous sommes toujours dans l'attente des descriptions de fonction. »

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Impossible dès lors d'avoir la certitude d'être retenu et de pouvoir poursuivre ses missions au sein de la protection civile. « Les agents tentent de garder la tête haute mais les craintes sont bien réelles, il s'agit d'un stress permanent. Ils n'ont plus la volonté de se lancer dans des projets novateurs puisqu'ils n'ont pas la certitude d'être repris. Comment se projeter dans pareilles conditions ? Nous n'avons pas non plus la certitude que les meilleurs éléments sortiront de cette sélection... »

Une nouvelle réunion sera organisée début juillet afin d'aborder la problématique des horaires. « Ils veulent nous imposer des horaires de 12h40 contre 24 heures actuellement. Nous ne pouvons pas adhérer à ce projet ! Cela signifie qu'au lieu de deux déplacements par semaine, il y en aura trois et quelque 10.000 kilomètres de plus par an. C'est un non-sens total en termes de mobilité et d'écologie.»

Aujourd'hui, la protection civile ne sait pas de quoi demain sera fait. « Nous n'avons jamais été dans la négociation car nous n'avons aucune marge de manœuvre, on nous impose les choses. Une réforme des services était nécessaire mais il s'agit ici d'une restructuration. Il s'agit de décisions politiques, purement budgétaires. Les choix de maintenir les casernes de Crisnée et de Brasschaat ne sont pas judicieux… On fait du communautarisme de manière détournée. »

Rappelons que selon les dernières informations, seuls sept agents (brevetés pompiers), sur la centaine présents à Ghlin, resteraient sur le territoire montois.