Mons La manifestation, organisée le samedi soir, est privée de visibilité

La ducasse de Mons a officiellement été lancée ce jeudi soir dans le centre-ville de Mons. Le programme détaillé du Doudou, encarté avec le Mons Mag, en fait état. Mais même le folklore n’est pas à l’abri d’une controverse. Et pour cause, ce qui chiffonne certains Montois dont les organisateurs eux-mêmes, c’est le manque de visibilité réservée à un grand moment populaire : la retraite aux flambeaux, organisée le samedi soir à la veille du dimanche de la Trinité si cher aux Montois.

Même dans les 47 pages du magazine gratuit dédié au Doudou, on ne trouve que 3 lignes qui annoncent seulement le départ du cortège de la retraite à 22 h du haut de la rue Nimy. Nombreux sont ceux qui craignent pour son avenir. Ce moment de rassemblement tendrait-il à tomber aux oubliettes à Mons ? Des craintes existent.

"Au fil des années, la retraite est devenue le parent pauvre de la ducasse, regrette Paul Chantry, le chef d’orchestre bénévole de la manifestation. Comme elle appartient à la ducasse festive et non pas rituelle (comme la descente de la Chasse ou le Combat), on n’en parle pas ! Or, c’est le premier moment populaire du Doudou, qui rassemble tous les Montois avant la journée de dimanche."

Et pourtant , affirme Paul Chantry, la retraite aux flambeaux est aussi très symbolique. 34 flambeaux sont transportés fièrement dans toute la ville par des Montois amoureux de leur folklore. L’idée ? Raviver la flamme de Saint-Georges. Derrière le cordon officiel, d’autres Montois, dans la mixité, se tiennent bras dessus, bras dessous et participent au grand chahut en déambulant. "Une retraite propre se fait dans une bonne convivialité. Il y a quelques charges humaines qui illustrent le caractère taquin et espiègle du Montois. Cet esprit doit être cultivé parce qu’il prépare aussi aux grands moments de liesse populaire que sont la remontée du car d’or, la descente de la rue des Clercs et le combat."

Il va même plus loin : "La retraite est aujourd’hui aseptisée. Il n’y a plus les musiques militaires dans le cortège, ce qui nous a fait perdre un des principaux ingrédients. Avant, le parcours retraçait presque en intégralité celui de la procession du car d’or; aujourd’hui, il est beaucoup plus restreint. Et tout est régi avec des bracelets alors que le principe est de dire- tout le monde peut venir faire ducasse avec nous."

Le bourgmestre Elio Di Rupo (PS) a été interpellé sur les intentions de sa majorité quant à l’avenir de cette retraite aux flambeaux, de même que sur son absence de visibilité. Pas d’inquiétude, assure-t-il, il n’est pas question de zapper la retraite aux flambeaux. "Elle est bien dans la programmation mais nous ne pouvions pas tout détailler tellement les activités sont nombreuses. L’année prochaine, nous pourrons essayer de la mettre davantage en valeur", a-t-il conclu.