Mons Joël Delhaye (PS) mène une liste où onze candidats ne sont pas des militants

À Jurbise, il n’est pas facile pour un autre groupe politique que celui de la bourgmestre sortante, Jacqueline Galant, de se faire une place dans le paysage. La liste du bourgmestre détient en effet une large majorité. Dans l’opposition, ils ne sont que quatre conseillers socialistes, dont Joël Delhaye. Qu’à cela ne tienne, le groupe PS a décidé de s’ouvrir complètement en créant, avec d’autres formations politiques, une liste Alternative Citoyenne. Elle a été récemment présentée. C’est Joël Delhaye qui la mènera, c’est sa première fois.

Alors, quelle est cette liste Alternative Citoyenne ?

"C’est plus qu’un cartel, mais pas une association contre quelqu’un ou quelque chose. C’est le fruit d’une démarche originale. Des personnes issues de trois partis constaté qu’elles ont des points communs et des valeurs à partager. Une vision de Jurbise plus orientée vers le durable, la mobilité, la solidarité et l’approche sociale. Une approche plus égalitaire et inventive de la culture et du sport. Une vision de l’école plus ouverte."

Partager ces valeurs, c’est déjà bien. Suffisant pour remporter une élection ?

"Justement, il fallait aussi leur donner une vraie dimension citoyenne et les enrichir de l’avis de gens non engagés d’un point de vue militant mais attachés à leur commune et à une certaine conception du bien-vivre. Le résultat est un programme quasiment bouclé et une liste présentée ce jour et qui présente un équilibre parfait entre citoyens et candidats issus des partis… mais qui sont aussi avant tout des citoyens vierges de tout mandat."

Quelles en sont les spécificités ?

"Si des objectifs de progrès, de solidarité et de développement durable ressortent nettement, cette liste est clairement pluraliste. Des préoccupations communes par rapport à l’aménagement raisonné de la commune, à une éthique plus affirmée dans la gouvernance locale, à la participation citoyenne, et une préoccupation généralisée par rapport aux problèmes de mobilité."

Les rapports sont tendus entre l’actuelle majorité et l’opposition, ce n’est pas un secret…

"Aujourd’hui, le conseil communal n’est pas le lieu où l’on construit, c’est une chambre d’entérinement. Je n’ai pas le souvenir en six ans qu’un projet nous ait été présenté. La majorité nous fait voter un projet, sans impliquer l’opposition alors que nous pouvons aussi enrichir un projet par des idées. Ce n’est pas ce que j’appelle une véritable démocratie…"

Vous parlez de gouvernance, l’actuelle est-elle complexe ?

"Celle que nous proposons tient davantage compte de l’avis des gens et est construite avec un meilleur dialogue notamment avec les différentes formations politiques. Pour le vivre de l’intérieur, le dialogue actuel n’est pas le modèle dont je rêve. Quant à la participation citoyenne, je ne pense pas qu’elle soit très avancée en matière de consultation et d’implication des gens dans les prises de décision."

Quelles sont vos ambitions ?

"Offrir aux gens la possibilité de choisir autre chose. Jurbise mérite d’avoir une démocratie vivante et créative. C’est important que les Jurbisiens se rassemblent. On vit bien à Jurbise, mais y vivra-t-on encore bien longtemps si une autre façon d’appréhender les enjeux d’aujourd’hui n’est pas mise en lumière ?"

Le schéma de structure oublié
Ce qui fâche beaucoup dans l’opposition actuelle, c’est le schéma de structure de la commune. Il date de 2012 et, selon l’opposition, il n’est pas vraiment suivi alors qu’il s’agit d’un document d’orientation, d’évaluation, de gestion et de programmation du développement durable de l’ensemble du territoire communal. "Il serait temps de le ressortir, de le relire et surtout qu’il soit appliqué", peste Joël Delhaye (PS). "C’est un document de la commune qui échappe à la connaissance des gens et dont la majorité se sert à géométrie variable. Ce document permettrait de changer le visage de la commune ! Il prône notamment d’éviter un habitat dispersé, de revenir à l’âme des villages, de veiller à l’aménagement du territoire, une zone de commerces plus centralisée plutôt que diffuse… Ce sont des données importantes et qui ne sont pas vraiment suivies des faits. C’est regrettable pour l’avenir."