Mons Le MR veut interdire les bouteilles en verre et la vente d’alcool après 20 heures

La place du Marché aux herbes, haut lieu festif montois, n’est plus si attractive que cela. Depuis plusieurs mois, on assiste à une désertification des lieux. Et pourtant, il y a quelques années, c’est à grands coups de subsides que l’ensemble de la place a été rénové. De même que depuis 2013, la place est devenue exclusivement piétonne. L’idée à l’époque était de rendre l’espace plus attractif, plus convivial, de jour comme de nuit.

Force est de constater aujourd’hui que les terrasses sont quotidiemment délaissées par les badauds. Et même en soirée, les bars encore présents peinent à attirer les fêtards. Le MR, dans l’opposition à Mons, entend via une motion obtenir quelques avancées devant le conseil communal de la majorité PS/CDH. L’urgence en centre-ville est là aussi.

"Le seul intérêt d’un piétonnier est de permettre l’existence d’un lieu de vie, de convivialité et d’activités. C’est manifestement peu le cas , constate Georges-Louis Bouchez (MR). L’isolement de quelques maraîchers le vendredi n’est pas une réponse. L’aménagement de la place ne se prête pas toujours à être un lieu de convivialité. Elle est également un lieu de vie nocturne. Mais trop souvent, on peut voir des personnes avec des bouteilles en verre achetées dans des magasins de nuit. C’est un manque à gagner pour les établissements Horeca."

Ce qui est pointé du doigt par Bouchez et ses colistiers, c’est aussi et surtout le manque d’encadrement de ce lieu festif. "Le contrôle y est quasi inexistant sur les gens qui achètent des boissons alcoolisées dans des petits magasins. L’âge de ces personnes qui consomment n’est pratiquement jamais contrôlé, ni même la quantité des boissons achetées. C’est pourtant indispensable."

Précisons que la vente d’alcool après 22 heures est interdite en centre-ville à Mons, selon le règlement communal. "Ce n’est pas suffisant. Il faudrait prévoir un cadre spécifique à ce quartier pour la vente de boissons alcoolisées. Selon moi, il faudrait déjà la rendre illégale après 20 heures et interdire la vente de boissons en bouteille."

La Ville de Mons n’a pas souhaité réagir à ces deux propositions. Quoi qu’il en soit, ce jeudi, la place du Marché aux herbes sera noire de monde. Un "bon" doudou devrait permettre aux cafetiers de reprendre leur souffle et de préparer la saison estivale.

Deux mesures "rapides"

Il est incontestable que cette place du Marché aux herbes est un lieu névralgique de la Cité du Doudou. Reste que depuis quatre ans, même les fêtards font la grise mine. "Aujourd’hui, c’est beau mais c’est tout. On a pensé aux pierres, mais à rien d’autre", déplore le MR qui propose deux mesures assez rapides à mettre en place. "Pour la faire vivre, il faut trouver une série d’activités ou d’espaces qui permettraient aux gens de se réunir, même en journée."

Le MR a sollicité la majorité pour notamment "créer un marché spécifique et thématique" et des activités récurrentes, en partenariat avec des acteurs privés, dès le printemps. Ensuite, il s’agirait d’installer du mobilier urbain. "Placer des bancs confortables au milieu de la place avec un aménagement comprenant par exemple des facilités comme le wifi, pourrait attirer les étudiants pour y travailler en journée lorsqu’il fait beau", ajoute Bouchez.

La Ville planche sur une réflexion pour favoriser une mixité des activités et des fonctions

Du côté de la majorité PS/CDH, on s’inquiète aussi de l’avenir de la place du Marché aux herbes. "Je n’en suis pas satisfait non plus. La place est morte !" peste le premier échevin, Nicolas Martin (PS). Selon lui, c’est de la mixité qu’il faudrait retrouver sur cette place.

"Nous devons revoir notre approche, surtout pour l’automne. Durant la période estivale, nous avons multiplié les actions et les activités, avec notamment les Jardins d’été et les activités familiales, en y associant les associations de quartiers. Nous avons une série d’initiatives dont un marché thématique, je pense par exemple à MonsMartre. Mais nous nous rendons compte que les organisateurs ne s’y retrouvent pas forcément."

Et de citer le festival de foodtrucks, qui préfère s’installer du côté de la Grand-Place, ou encore le marché de Noël avec les chalets artisanaux, qui n’a pas atteint ses objectifs. "Nous avons une réflexion afin de la redéployer, mais nous pensons qu’une certaine mixité de fonctions pourrait la faire revivre. Dans les faits, il faudrait que les acteurs privés acceptent d’aller au Marché aux herbes, qu’ils y investissent de l’argent et qu’ils prennent un risque. Si le privé ne le fait pas, à terme la Ville devrait reprendre une forme de maîtrise foncière. Si pas, nous allons continuer à faire face à ce turn-over infernal."

Reste que la place du Marché aux herbes pourrait perdre son cachet "festif"… "Pas nécessairement, il existe des activités qui ne sont pas contradictoires avec l’activité festive ou nocturne." À suivre, donc.