Mons Le parquet et la Police Judiciaire Fédérale déplorent la violence toujours plus grande dont font preuve certains malfrats

Le passage à l’an neuf est, pour beaucoup, l’occasion de tirer le bilan de l’année écoulée. La Police Judiciaire Fédérale (PJF) et le parquet de l’arrondissement Mons-Tournai ne font pas exception et ont, à leur tour, tiré les conclusions de 2016 et dressé les perspectives pour 2017. Malgré des effectifs réduits, les équipes n’ont pas chômé.

En effet, 52 917 nouvelles affaires ont été traitées. 905 ont été mises à l’instruction (dont 24 affaires criminelles) et 553 ont été clôturées. Au total, 37 776 affaires ont été classées. "On pourrait dire que c’est beaucoup mais il faut savoir que dans 67 % des cas, elles le sont pour des motifs techniques, c’est-à-dire que l’auteur est inconnu ou décédé, qu’il n’y a pas d’infraction…", précise le procureur du Roi, Christian Henry. 12 753 autres l’ont été pour des raisons d’opportunité (priorités de politique criminelle, régularisation,…). "Nous pouvons estimer que c’est du bon travail."

Du côté de la PJF aussi, les chiffres sont impressionnants. 402 nouvelles enquêtes ont été ouvertes et 509 dossiers ont pu être clôturés. Au 19 janvier 2017, 518 dossiers étaient toujours en cours. La section "crimes" a elle aussi été mise à contribution en 2016 puisque 24 dossiers sont en traitement, dont 6 sont des dossiers Cold Case et 11 des dossiers où les auteurs restent inconnus.

Pour le procureur du Roi, "le Hainaut reste malheureusement un arrondissement où les crimes de sang sont nombreux. Dernièrement, nous avons connu une période "faste", avec des homicides très violents des conducteurs fantômes tous les trois jours,… Chaque jour, nous nous demandions quand cela allait s’arrêter."

Pour 2017 , le parquet et la PJF ont ciblé leurs priorités : gérer le déficit en personnel afin de maintenir le service à la population et appliquer les priorités opérationnelles, à savoir mettre en œuvre le plan national de sécurité, lutter contre le terrorisme et la radicalisation, le trafic d’armes, la criminalité violente, organisée, internationale et transfrontalière. Le blanchiment d’argent et la fraude sociale et fiscale organisée seront également dans le collimateur.


35 dossiers ouverts par la cellule “Terro”

 Difficile de dresser un bilan de l’année 2016 sans évoquer la lutte contre le terrorisme, une mission qui aura rarement pris tant d’importance dans les zones de police et le système judiciaire. En 2016, la Police Judiciaire Fédérale (PJF) a ouvert 35 dossiers, dont sept ont été fédéralisés et donc traités par la PJF de Charleroi. Si la PJF de Mons doit parfois passer la main, elle continue son travail sur le plan local. Pour preuve, le premier procès pour djihadisme se tenait il y a peu dans la Cité du Doudou. Notons également que la cellule COPRA, pour Community Policing and Prevention of Radicalisation, qui assure le suivi de personnes soupçonnées de radicalisation, a poursuivi et poursuivra son travail.


Un meilleur suivi des libérés conditionnels

 Pour les policiers présents sur le terrain, recevoir des informations correctes et actualisées sur les individus contrôlés n’est pas toujours chose aisée. C’est pourquoi depuis septembre 2015, la plateforme I + Hainaut a été mise en place sur l’arrondissement. “Elle permet d’assurer le suivi des libérés conditionnels. Jusqu’à présent, lorsqu’un jugement était rendu, nos services devaient transmettre ce même jugement à Bruxelles, où des agents administratifs l’encodaient dans une base de donnée. Avec le risque d’erreurs que cela comportait et des délais dépassant parfois les six mois”, explique le procureur du Roi, Christian Henry. “Cette plateforme permet désormais à nos services de mettre à jour, dans les 24 heures, la base de données avec les conditions de libération de chaque détenu.” Pour l’heure, ce système d’informations en direct, développé par la zone de police Comines-Warneton, profite à l’arrondissement de Mons-Tournai et sera bientôt disponible à Charleroi. Des tests sont également en cours pour que le système soit étendu à la Banque Nationale des Données Générales (BND). Ce qui devrait faciliter le travail des policiers, assurer un meilleur contrôle des conditions de libération et éviter les éventuels quiproquos.


“Nous jouons les équilibristes chaque jour”

Si le parquet de Mons et la Police Judiciaire Fédérale (PJF) se disent relativement satisfaits du bilan des opérations menées en 2016, tous deux doivent composer avec des effectifs réduits. “Nous sommes entre 70 et 80 % de notre effectif. Chaque jour, nous jouons les équilibristes entre l’urgent, le très urgent et l’urgence dépassée”, déplore le procureur du Roi, Christian Henry.

“Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas au complet que les phénomènes de criminalité diminuent ou que nous cessons de développer les projets que nous jugeons prioritaires. Si j’ai un message à faire passer en ce début d’année, c’est pour remercier et féliciter les équipes pour l’engagement quotidien dont elles font preuve pour mener à bien leurs missions malgré trop peu de moyens à disposition.”

Du côté de la PJF, la situation est semblable. “Nous tirons sur la corde tous les jours. Nous parvenons encore à gérer la situation, en espérant ne pas devoir couper dans certains services, comme c’est malheureusement le cas ailleurs”,souligne François Farcy, directeur judiciaire. “Nous avons besoin de policiers spécialisés mais nous avons aussi besoin d’enquêteurs puisque notre effectif vieillit.”

Et de conclure, d’un côté comme de l’autre, “que c’est un combat de chaque jour” pour assurer les gardes. “Le nombre de dossiers à traiter ne diminue pas alors que nous n’avons pas tout notre effectif. Chacun accepte de faire des efforts ponctuels mais quand les perspectives d’avenir ne sont pas optimistes, c’est décourageant”, conclut le Christian Henry.