Mons

Un vaste chantier a débuté pour permettre le dédoublement du ruisseau de l'Elwasmes

C'est un chantier aussi colossal qu'impressionnant qui a débuté il y a peu sur le site de l'Elwasmes, en vue de lutter contre les inondations dont sont régulièrement victimes les habitants du quartier de la Platinerie à Colfontaine et de Quaregnon en partie. Mené par l'intercommunal IDEA, celui-ci doit permettre le dédoublement du ruisseau de l'Elwasmes.

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Pour ce faire, le maître d'ouvrage doit procéder au creusement par fonçage d'un pertuis courbe d'une longueur de 850 mètres ayant un diamètre de 22 mètres en parallèle au pertuis existant. Coût de l'opération, quelque 5,1 millions d'euros financés intégralement par la Société Publique de Gestion de l'Eau (SPGE). La fin du chantier est prévue pour l'été 2019.

« Le chantier a débuté il y a plusieurs mois. C'est une mini-usine qui s'est installée sur ce terrain initialement agricole », explique Frédéric Coupain, auteur de projet pour l'intercommunale. « Aujourd'hui, le tunnelier est en place et va pouvoir commencer à creuser. En cas de cru, la rivière continuera à couler dans son lit mais pourra déborder via le tunnel nouvellement construit. Le fait que nous ayons augmenté la capacité souterraine de captage des eaux va limiter les risques d'inondations en surface. »

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Car c'est bien tout l'enjeu de ce vaste projet : que les habitants restent au sec et n'aient plus à vivre les inondations de ces dernières années. « L'intercommunale est née des métiers de l'eau il y a environ 60 ans. Poursuivre cette mission de démergement est indispensable, notamment pour nous adapter à l'évolution climatique et à l'urbanisation de ces 60 dernières années », ajoute Caroline Descamps, directrice générale de l'IDEA.

« L'augmentation dans le dimensionnement des ouvrages d'évacuation et de pompage des eaux, et les coûts qui en découlent, est une conséquence directe des changements climatiques. La fréquence des orages, leur intensité et leur durée en ont témoigné ces dernières semaines. Dans ce contexte, la réduction de l'imperméabilisation des sols et la gestion des eaux pluviales au sein des parcelles bâties et à bâtir sont primordiales », a pour sa part insisté le ministre wallon de l'environnement, Carlo Di Antonio (cdH), qui a respecté la tradition en cassant une bouteille sur l'engin.

Le tunnelier, baptisé « Marie-Rose » en clin d'oeil au folklore local de Colfontaine, débutera dans les prochains jours sa mission de fonçage. « Personne ne peut prédire l'évolution climatique des prochaines années mais en principe, les habitants devraient être totalement préservés des inondations », a enfin conclu Caroline Descamps.