Mons

Le procès est suspendu durant quelques minutes

L'absence de Franz Pottiez au procès qui se tient depuis jeudi devant la cour d'assises du Hainaut est regrettée par l'ensemble des parties au procès. Lundi, un arrêt de disjonction avait été rendu par la cour en raison de l'état de santé de l'accusé. "Cela va poser des difficultés", a commenté Me Discepoli, avocat de Loïc Harvengt. Pour Me Rivière, avocat des parties civiles, "on a enlevé le soleil et on va juger les satellites".

Il ressort de l'acte d'accusation, lu durant toute la matinée de jeudi, que Franz Pottiez aurait tenu un rôle central dans la tentative de vol et le vol avec violence, perpétrés en octobre 2016 à la ferme de Beaumont à Roisin. Lors du vol, commis la nuit du 20 au 21 octobre 2016, Jean-Claude Libiez avait été tué par balle. On ignore encore qui est le tireur. "Une page sur deux dans l'acte d'accusation évoque Franz Pottiez. Lors d'un précédent débat, les avocats de la défense avaient souhaité le report du procès car, comme l'a déclaré Me Rivière, on a enlevé le soleil et on ne va juger que les satellites. Cela va poser des difficultés. Concernant la défense de Loïc Harvengt, ce dernier est en aveux et il ne profitera pas de l'absence de Franz Pottiez pour l'enfoncer", a commenté Me Discepoli.

Les avocats de la défense ont déposé jeudi après-midi des conclusions visant à récuser le président de la cour d'assises du Hainaut, Jean-François Jonckheere. La raison est une phrase dite par le président en fin d'audience. M. Jonckheere aurait déclaré, en s'adressant à l'avocat de Thomas Harvengt, qu'il était "intimement convaincu" que son client n'était pas l'auteur du tir mortel. Les conclusions ont été déposées par les avocats de Josua Krier, Torino Dubois, Brondon Kempfer, Thomas Audin et Sylvie Cuelle.

Quelques minutes plus tôt, Me Carine Couquelet avait déclaré que sa cliente, Sylvie Cuelle, "a été complètement dépassée par les évènements". Cette dame et son époux, Thomas Audin, sont soupçonnés d'avoir informés les braqueurs sur les activités de leurs voisins, les Libiez, lesquels tenaient un débit de tabac. Il ressort aussi de l'acte d'accusation que la vente du tabac, en bord de frontière, est un commerce très lucratif. "Au surplus, par sa proximité avec la France, la vente de ces produits est extrêmement importante chez les victimes. Celles-ci se fournissaient auprès de deux grossistes. Le responsable de l'une de ces sociétés précise que les livraisons étaient d'un montant de 8 à 10.000 euros par semaine. Le livreur de l'autre société déclare que le volume livré chez les Libiez était de trois à cinq fois le volume livré à un magasin Cora près de Mons. Le stock en tabac et en cigarettes chez les Libiez était donc très important", a déclaré l'avocat général.

Les uns accusent Franz Pottiez d'avoir voulu "se faire" les voisins du couple Audin-Cuelle. Lors de l'enquête, M. Pottiez a accusé Torino Dubois d'avoir monté le coup avec Josué Krier et Brondon Kempfers. L'audience reprendra à 14h00 avec l'audition des victimes, suivie de l'instruction d'audience