Mons

Mirella Mélis dit avoir été brutalisée par les policiers alors qu’elle avait fait appel à eux

Dans la région de Mons, Mirella Mélis, alias Mimi-Solidarité, est surtout connue pour ses actions auprès des publics fragilisés. Aujourd’hui, c’est pour une toute autre raison qu’elle a décidé de contacter la presse. Cette dernière affirme en effet avoir fait l’objet d’une arrestation arbitraire de la part de policiers membres de la zone de police Mons-Quévy.

Les faits remontent à la nuit du 17 au 18 mai dernier. “J’ai appelé une ambulance parce qu’une personne de ma famille faisait une crise d’hystérie. À l’arrivée des secours, cet état a été confirmé par les ambulanciers, qui ont toutefois précisé qu’ils ne pouvaient pas intervenir sans la police”, explique-t-elle. “Ne les voyant pas arriver et par crainte que la situation ne dégénère, j’ai retéléphoné une seconde fois.”

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Environ une demi-heure plus tard, trois combis de police arrivaient sur place. “Une policière a commencé à me crier dessus. Je lui ai demandé de me parler autrement, en précisant que c’est moi qui avait appelé et que j’attendais simplement le départ de l’ambulance. Une fois l’intervention terminée, je me suis retrouvée menottée et embarquée.”

Durant 17 ans, la Montoise a souffert de crises de spasmophilie et supporte donc très mal le stress. “J’ai très mal supporté cette situation, le fait d’être menottée. Je n’arrêtais pas de répéter que je n’étais pas une criminelle, que je n’avais rien fait pour mériter cela et que j’avais en plus besoin de médicaments indispensables à mon état. Mais j’ai été conduite jusqu’au commissariat.”

Sur place, Mirella Mélis aurait, toujours selon ses dires, été fouillée, plaquée au sol et étranglée. “J’ai ensuite été mise en cellule, sans couverture, sans eau, sans papier toilette,… J’ai dormi à même le sol et sans aucune possibilité d’appeler à l’aide puisque la sonnette de ma cellule avait été coupée.” Le lendemain, après environ dix heures en cellule, elle a été libérée.

“Je n’ai pas été auditionnée, aucun PV n’a été rédigé… Je me demande toujours pourquoi j’ai été arrêtée. Un document de mon médecin atteste du traumatisme subi, des hématomes dont j’ai souffert au niveau du sein droit, de la cuisse gauche et des deux bras. Je suis également en incapacité pour une durée de quinze jours.” Mirella Mélis souhaitait déposer plainte auprès du comité P, la police des polices. Elle a toutefois accepté de rencontrer Philippe Borza, le directeur des opérations de la zone de police Mons-Quévy dans quelques jours.

Rencontre programmée avec la police

Mirella Mélis rencontrera d’ici quelques jours le commissaire Philippe Borza, directeur des opérations de la zone de police Mons-Quévy. “Je ne peux m’étendre sur les détails de l’intervention. Mais elle a été arrêtée de manière administrative pour troubles à l’ordre public et placée en cellule afin de retrouver son calme”, explique-t-il. “Lorsqu’une personne est arrêtée, elle est dépouillée de tout ce qui pourrait la mettre elle ou d’autres en danger. C’est notamment le cas des médicaments. Elle aurait pu demander à être examinée avant son placement en cellule mais de notre côté, nous n’autorisons aucune prise de médicament car nous ne sommes pas médecins. C’est une question de sécurité.” Et d’ajouter : “la rencontre aura notamment pour objectif de revenir sur cette intervention. Lorsque quelqu’un se plaint, nous l’écoutons et nous voyons en interne si les procédures ont été suivies ou s’il y a eu abus de pouvoir.”