Mons L'association accueille des résidents souffrant du syndrome de Korsakoff.

Très peu connu, le syndrome de Korsakoff touche un nombre grandissants de personnes dans notre société. Il s’agit, en quelque sorte, du dernier stade de l’alcoolisme chronique qui se manifeste par des troubles cognitifs importants, allant de la psychose amnésique à la démence.

Dans la région de Mons-Borinage, l’asbl L’Evasion prend en charge une trentaine de personnes souffrant de ce syndrome. « Il s’agit d’anciens résidents de maisons de repos, d’hôpitaux psychiatriques ou de gens qui viennent directement de la rue », précise Marcel Laurent, le directeur du centre. « Nous avons des personnes qui ont, par le passé, été chefs d’entreprise ou qui ont eu d’autres postes importants. Des éléments dans leur parcours ont malheureusement occasionné de l’alcoolisme puis la dépression. Bien souvent, les choses empirent avec le cocktail de médicaments. »

Actuellement, dix-sept résidents sont pris en charge dans un espace communautaire à Quiévrain, quinze vivent dans des petits studios aménagés à Mons et trois autres dans des appartements à Nimy. « Nous essayons d’avoir une mixité de logement, selon les capacités d’autonomie des résidents. »

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Mais l’association et son directeur Marcel Laurent fourmillent de projets d’extension afin de pouvoir répondre aux demandes. « À Mons, nous allons faire une extension dans les bâtiments de l’ancien café Le Bacchus (avenue Victor Maistriau), juste à côté de nos studios », dévoile le directeur. « Nous aimerions y installer six studios supplémentaires. Le but étant de recréer un lieu de vie pour qu’ils se sentent chez eux. Nous sommes déjà propriétaires donc les travaux d’extension pourront bientôt débuter. »

Les difficultés ont pourtant été grandes pour recevoir les autorisations nécessaires de la ville de Mons. « Ils ont fait des bons d’1 mètre lorsque nous avons évoqué des studios. Dans un premier temps, ils avaient la crainte que nous ouvrions des studios qui ne soient pas aux normes nécessaires. La faute à une méconnaissance de notre centre et de nos services. Mais vendredi dernier, j’ai fait visiter les lieux à une personne de l’administration communale et elle a davantage pu assimiler le projet. »

À Nimy, les projets d’agrandissement ne manquent pas non plus sur le site implanté à quelques mètres de la gare. « Nous voulons construire 12 appartements supplémentaires. La ville de Mons semble favorable parce que ça rentrerait dans le cadre d’un assainissement du lieu. Il reste cependant encore tout à faire dans ce projet. J’espère que ça sera en place dans quatre ou cinq années », termine Marcel Laurent.

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Une permaculture et un magasin zéro déchet

Outre les projets d’extension, l’asbl L’Evasion cherche le moyen d’impliquer les résidents pour faciliter leur réinsertion dans la société. « A Nimy, nous voulons mettre en place une permaculture (NdlR : potager qui imite un écosystème en équilibre tout au long de l’année). Elle est d’ailleurs en cours d’aménagement à l’arrière du bâtiment », se réjouit Marcel Laurent. « L’idée est de faire de la culture maraîchère et d’intégrer les bénéficiaires dans ce projet afin de les valoriser. À terme, nous voulons vendre des paniers de légumes que les bénéficiaires iraient donner eux-mêmes. »

Parallèlement, un projet de magasin est aussi sur les rails. « J’aimerais conserver le local de l’ancien café Le Bacchus pour le transformer en commerce zéro déchet (vente au vrac). Les récoltes de la permaculture pourraient ainsi venir alimenter le magasin. De même, nous voulons installer des ruches dans notre centre de Quiévrain. Nous pourrions récolter puis vendre le miel dans ce magasin. Nous pourrons aussi lier des partenariats avec d’autres structures. Enfin, nous envisageons aussi de proposer des formations pour les personnes qui s’intéressent à la permaculture. »

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