Mons

Le collectif des Cyclistes Gonflés à bloc tire la sonnette d'alarme

Avec toute l’ironie qu’on leur connait désormais, les Cyclistes Gonflés à Bloc pour l’action félicitent la ville de Mons, grande championne en matière de nombre de voitures sur les routes. L’occasion pour le collectif de « mettre en évidence le formidable défi qui attend les nouvelles autorités et les citoyens. »

Selon les derniers chiffres Statbel, la situation montoise est interpellante. « Alors que sa population est pratiquement inchangée (+79 habitants), son parc automobile a fait un nouveau bond en avant (+726 voitures), atteignant un total de 52 765 véhicules. La croissance est ainsi deux fois plus rapide que dans les autres grandes villes wallonnes », analysent les cyclistes.

Les questions s’enchainent : "Peut-on se permettre une nouvelle augmentation de 6 000 voitures en six ans ? Mons et la Wallonie sont-elles prêtes à développer des alternatives viables, sûres et efficaces à grande échelle ? Les Montois sont-ils capables d’évoluer vers une mobilité plus équilibrée entre tous les moyens de transport ? »

Pour rendre les choses plus concrètes, le collectif donne un exemple. « Pour visualiser ce que signifient ces chiffres décoiffant, imaginons que l'on aligne pare-choc contre pare-choc les 52.765 voitures immatriculées à Mons. Cela ferait une file de 229 kilomètres, de la Grand-Place de Mons jusqu'à celle de Luxembourg. Quant aux 726 voitures qui se sont ajoutées en un an à Mons, elles formeraient une file ininterrompue de la place de Mons jusqu'à celle de Cuesmes. »

Embouteillages, perte de temps, pollution de l’air, difficulté de stationnement, énervement, insécurité routière, manque d’exercice,… Les conséquences d’une utilisation massive de la voiture sont connues. « Beaucoup de gens espèrent que l'augmentation du nombre de voitures va s'arrêter d'elle-même. Aucun indicateur économique ou démographique ne permet de l'espérer. À politique inchangée, rien n'exclut une nouvelle augmentation de 6 000 automobiles à Mons au cours de la prochaine mandature. »

D’où l’interpellation des citoyens et des autorités politiques. « Les citoyens ont plus de pouvoir qu’ils ne le croient. Concrètement, nous proposons aux automobilistes de tester les alternatives pratiques et fiables qui existent déjà et les invitons à interpeller son élu préféré pour lui rappeler ses promesses électorales. Beaucoup de Montois se sous-estiment collectivement. Ils sont convaincus que les changements réussis ailleurs ne sont pas possibles chez nous. » La population embraiera-t-elle le pas au collectif ?