Mons L’application indique notamment la présence de contrôleurs dans les rues

Nul doute que les nombreux automobilistes qui arpentent les rues de la Cité du Doudou craqueront pour le concept. Jeudi prochain, l’application communautaire cPark sera officiellement lancée à Mons. Cette dernière doit permettre aux usagers de prendre connaissance des modalités de stationnement mais aussi et surtout d’éviter au maximum les prunes grâce à la solidarité entre conducteurs.

"Je partais en vacances et j’avais laissé ma voiture dans une rue que je pensais gratuite. À mon retour, cinq amendes, enregistrées chaque jour entre 9h35 et 9h37, m’attendaient sur mon pare-brise", explique Hadrien Crespin, à l’initiative. "Je me suis simplement dit que savoir que j’étais en fait stationné en zone bleue et que les agents passaient chaque jour dans un même créneau horaire était un plus pour moi mais aussi pour mes voisins."

Après sa rencontre avec Nicolas Cognaux, développeur, Hadrien Crespin se lance dans l’aventure et décide de concevoir une application utile, fonctionnelle, gratuite… Et légale. "Elle a été officiellement lancée en octobre 2017, après une longue période de développement et plusieurs mois de test. Je suis parti d’un besoin personnel mais je constate que l’attente était là." En effet, ce ne sont pas moins de 75.000 personnes à travers huit villes qui ont déjà passé le cap.

"Les automobilistes ne sont pas toujours de mauvaise foi, il est parfois simplement difficile de connaître ou respecter les règles de stationnement. D’une part parce que certaines villes abusent de leur pouvoir en misant sur des parkings trop onéreux, d’autre part parce que des alternatives ne sont pas toujours proposées. Notre volonté est simplement d’informer et d’aider les usagers à ne pas se faire avoir."

Totalement gratuite, l’application utilise la géolocalisation pour indiquer les différentes zones de stationnement (vert si c’est gratuit, bleu si c’est une zone à disque et jaune, orange ou rouge pour les zones payantes selon le prix du ticket) tandis que les infos collectées par la communauté donnent une indication sur le risque de contrôle en fonction du lieu et du moment de la journée. Les notifications en temps réel permettent, elles, de signaler la présence d’un contrôleur, l’absence de contrôle ou la réception d’une amende.

Une fois la communauté constituée, l’application sera lancée à Mons, Tournai et Louvain-la-Neuve. "Les infos ont été récoltées, les zones ont été cartographiées et la communauté montoise se crée petit à petit… Nous sommes prêts." Encore quelques jours de patience.


Renforcer et personnaliser l’application

Si Hadrien Crespin et Nicolas Cognaux ont planché sur le développement de cPark principalement le soir et les week-ends, ils se consacrent désormais totalement à l’application, qui occupe en fait huit personnes. “L’application telle qu’elle est aujourd’hui n’est qu’une première étape. Il est possible d’aller beaucoup plus loin, de faire davantage de choses liées au stationnement et à la mobilité”, annonce Hadrien Crespin. “Nous avons pour ambition de couvrir toutes les villes et tous les villages de Belgique et pourquoi pas d’autres pays. Jusqu’ici, nous fonctionnons sur base des demandes : Mons, Tournai et Louvain-la-Neuve s’imposent parce que les gens ont voté pour. Mais à termes, nous voudrions nous étendre un peu partout, développer l’outil communautaire et surtout, personnaliser l’expérience : pourquoi ne pas pouvoir contacter, sur base de l’immatriculation, un usager stationné devant une entrée de garage ou qui aurait laissé sa vitre ouverte, par exemple ?” Les projets sont encore nombreux et, a priori, toujours plus ambitieux.


Marc Darville, Échevin de la mobilité : “Nous évaluerons les effets”

“Le souhait de la Ville de Mons n’est pas de mettre des amendes à tout prix mais que le stationnement s’organise correctement, ce que ce genre d’application peut éventuellement aider à faire. Néanmoins, ces applications ont parfois pour objectif d’aider les utilisateurs à contourner les règles et d’offrir du stationnement longue durée aux utilisateurs. Nous évaluerons les effets à l’avenir. Le caractère payant et limité dans le temps du stationnement a pour but de rendre le centre-ville attractif. Si rien n’était mis en place, nous aurions un centre-ville paralysé car le nombre de travailleurs se rendant chaque jour à Mons est largement supérieur à la capacité de stationnement. Sans réglementation, il n’y aurait que des véhicules ventouses. La ville va aussi doter la cellule horodateurs de vélos électriques pour intensifier les contrôles dans les zones achat-minute.”