Mons Une internaute s’était simplement inscrite à la coopérative lancée par Marc Vandercamen

"Utiliser mon mail personnel pour m’envoyer une pub électorale d’un candidat, c’est légal et éthique ?" , s’interroge une internaute sur les réseaux sociaux avec des captures d’écran d’un courriel envoyé par la coopérative à responsabilité limitée Trade4you vantant les mérites d’un candidat de la liste "Mons en Mieux", Marc Vandercammen. Précisons que le courriel est envoyé via l’adresse d’une administratrice responsable de ladite coopérative, pas par l’adresse du candidat.

Reste que la coopérative en question connaît très bien Marc Vandercammen puisqu’il en est l’administrateur-délégué bénévole. Il a en outre lancé la coopérative et la marque Power4You. Le courriel, avec logo et photo électorale ainsi que slogan, présente le candidat et invite à lui accorder sa confiance le jour des élections.

L’intéressé a découvert le courriel suite à notre appel. "Je n’étais pas au courant", affirme Marc Vandercammen. "En lui-même, le contenu du message est assez flatteur mais cela n’a pas été fait à ma demande, il ne vient pas de ma boîte e-mail. Il n’y aura aucun autre envoi qui se fera. C’est une erreur, une maladresse qui ne se reproduira pas."

Le courriel est en effet signé d’une administratrice responsable de la coopérative qui s’exprime en tant que telle. Mais peut-on utiliser les informations enregistrées dans une banque de données existante, qui n’a pas été spécifiquement créée pour la réalisation de finalités politiques, en vue d’envoyer de la propagande électorale personnalisée ? "Non", dit le portail de Wallonie.

"Les partis politiques et les candidats peuvent être tentés d’utiliser des banques de données existantes (publiques ou privées) pour envoyer du courrier électoral personnalisé. Toutefois, ces banques de données n’ayant pas été créées en vue d’élections, il est interdit de les utiliser dans ce but. Les données à caractère personnel ne peuvent faire l’objet d’un traitement que pour des finalités déterminées et légitimes." De même que "l’envoi de messages électroniques n’est envisageable qu’après avoir obtenu l’accord du destinataire, compte tenu du caractère particulièrement intrusif de l’envoi de courriels aux électeurs potentiels."

La coopérative utilise le principe de la centrale d’achat. En regroupant plusieurs commandes et en représentant un grand nombre de consommateurs, elle peut ainsi négocier les meilleures conditions pour chacun. Nous n’avons pas réussi à joindre la personne responsable de l’envoi de ce courriel, ni à déterminer le nombre de ces courriels envoyés.

Des problèmes aussi dans l'affichage

La présence de tracts et de bâches à l’effigie des différents candidats au scrutin communal est une lutte à laquelle la plupart des partis participent. À Mons, c’est la guerre des affiches où certains candidats prennent parfois trop de libertés. En effet, on a pu voir des affiches des uns et des autres apposées aux fenêtres ou sur les briques des bâtiments occupés par des structures partiellement subsidiées par des fonds publics. Comme à l’intercommunale du Bois d’Havré où des affiches du PS étaient apposées sur la clôture qui délimite l’entrée au bâtiment, aux fenêtres d’un local de prise de sang, partiellement occupé par le CHU Ambroise Paré, ou encore du côté de l’ASBL Passe Muraille, subsidiée par des fonds publics, où des affiches PS ont été apposées aux fenêtres. Enfin, sur la Grand-Place de Mons, aux étages des cafés, presque tous les chefs de files ont désormais leur bâche. Ce qui n’était pas le cas aux précédentes élections. L’illégalité n’est pas manifeste mais certains flirtent souvent avec la frontière.